Demain c’est normalement la fin des négociations climat et les négociateurs semblent être de bonne volonté

Laurent Fabius leur demande à la fois de presser le pas, le brouillon de texte devait être présenté à 13 heures hier… mais il ne veut pas qu’ils trébuchent d’où le délais, le texte a été rendu 2 heures plus tard.

A la fois directif et conciliant, c’est sa méthode. Et si ça semble être efficace, il le doit aussi à un calendrier favorable : le mandat des négociations de la COP 21 a été fixé il y a 4 ans. Les états ont eu le temps de préparer le Sommet.

Les pays ont accepté de rendre leurs objectifs de réduction des gaz à effet de serre avant le début du Sommet.

Au sommet de « Flop enhague », heu pardon Copenhague, il avait fallu attendre la fin des négociations pour avoir la moitié du quart d’un chiffre. Ces hésitations ont mené à l’échec.

Ces négociations sont inédites : pas de crise de nerf.

Il a mouillé le maillot Laurent Fabius. Combien de fois a-t-il fait le tour du monde pour rencontrer les futurs négociateurs. Combien de fois a-t-il revêtu une robe d’avocat pour faire entendre sa plaidoirie pour le climat ?

La conduite des négociations est moins policière : plus question de parler de sanction. On n’envisage plus de punir les états qui ne respecteraient pas leurs engagements. Au nom de leur souveraineté ils ne veulent pas entendre parler de la création d’un gendarme supra national. On s’en remet à ce que l’on appelle le risque « réputationnel ». Le terme dérive du mot réputation : celui qui aura failli a ses promesses aura donc mauvaise réputation sur la scène internationale et franchement je ne suis pas sûre que ce risque les fasse trembler.

Les ONG ne semblent pas être séduites par ce nouveau mode de négociations.

Le brouillon présenté hier ne les satisfait pas : Le texte a subit une cure d’amaigrissement mais il n’a pas tranché sur l’essentiel : quelle est l’augmentation de la température à ne pas dépasser : un degré et demi, deux degrés, plus ? Les options sont toujours entre crochets.

Les ONG se sentent exclues des discussions. Elles s’estiment garantes du sérieux des négociations. Elles sont déboussolées parce que les portes ne claquent pas et que les échanges semblent apaisés. Mauvais signe pour elle. Mais c’est peut être parce que pour une fois, elles ne peuvent pas s’incruster qu’on va réussir commente un négociateur. Comme si la société civile n’avait pas à donner son avis sur l’avenir de la planète.

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