Carte retombées radioactives Tchernobyl
Carte retombées radioactives Tchernobyl © irsn /

5 ans après la catastrophe de Fukushima, 30 ans après celle de Tchernobyl, l’Europe reste divisée sur les mesures à prendre en cas d’accident.

Qu’y a-t-il de commun entre une salade allemande et une salade française ? Rien. Au lendemain de l’explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl, la salade figurait au menu des français. Elle avait disparue de la table des allemands. Interdite à la consommation pour cause de risque de contamination radioactive.

En France on en a donc conclu que le nuage radioactif s’était arrêté à la frontière française.

Au lendemain de la catastrophe de Tchernobyl il a pourtant fait plusieurs fois le tour de la terre. Et il a survolé la France. Les autorités ne l’ont pas nié. Des particules sont retombées sur le sol, rabattues par les pluies.

Elles l’ont reconnu mais ont affirmé que les niveaux n’étaient pas dangereux et n’étaient pas de nature à déclencher des mesures de protection.

D’où la légende : le nuage aurait évité la France.

Par quel miracle ?

En Allemagne comme en France, les produits étaient contaminés de la même façon évidemment mais chaque pays applique ses propres normes. Elles sont plus sévères, plus protectrices outre Rhin.

D’où la défiance de l’opinion française. La certitude de vivre dans le mensonge et ce nuage qui s’arrête à la frontière.

On pourrait imaginer que 30 ans après la catastrophe de Tchernobyl l’Europe s’est mise d’accord sur des règles communes en cas de retombées radioactives. Et bien NON.

Ce n’est faute d’en avoir parlé : les autorité de sûreté nucléaires des pays européens le font régulièrement. Elles affirment la nécessité d’harmoniser la réglementation.

Elles ont publié un document commun qui égrène des conseils, ce qu’il faut faire ne pas faire. Mais ce ne sont pas elles qui décident. Il faut un accord au niveau politique.

Et 30 ans après ce n’est toujours pas fait.

En cas d’accident, on vivra la même pagaille.

Tchernobyl a pourtant été un électrochoc. Le monde du nucléaire a enfin admis que le risque zéro n’existe pas. Il faut se préparer à gérer un accident.

On ne nous dit plus « aie confiance » comme le python Kaa du livre de la jungle.

Mais 30 ans après Tchernobyl, 5 ans après Fukushima, on n’a pas beaucoup progressé pour gérer un accident nucléaire en Europe.

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