Tas de déchets  au compostage
Tas de déchets au compostage © A Dunn

Retour sur l’interdiction des sacs de caisse en plastique non recyclables et à usage unique.

Ma grand-mère avait un panier en osier pour transporter ses courses. Je l’ai encore. La durée de vie d’un sac de caisse en plastique est de 20 minutes en moyenne. Alors que les industriels avaient la solution : le sac biodégradable. Mais ce n’était pas dans l’air du temps : les sacs devaient résister ! Personne ne se souciait de leur fin de vie.

La solution c’est le sac biodégradable. A base d’amidon, d’algues ou encore de lait. La loi prévoit une progression du taux d’incorporation de ces matières dites bio sourcées et renouvelables. Ce sera 60% en 2025. Mais quel est le matériau qui viendra remplir la différence ? Le pétrole ! Mais du pétrole biodégradable assure le club Bio-Plastiques , les professionnels du secteur.

C’est par exemple le PCL : 100% fossile et biodégradable. Ses usages sont médicaux : ce sont par exemple des tubes implantés lors d’une opération pour guider la repousse d’un nerf.

Mais ce plastique est très cher c’est pour cela qu’il a été réservé aux hôpitaux.

On sait donc faire du plastique biodégradable depuis des décennies.

Mais le pétrole a toujours été moins cher. Les sacs biodégradables sont jusqu’à trois fois plus onéreux encore aujourd’hui. On imagine que le prix va baisser grâce à l’interdiction des sacs plastiques non bio. C’est l’effet de masse plus on vend un produit plus ses coûts s’effondrent. Regardez le prix de votre téléphone portable !

Pour tenter de réduire les coûts on a inventé les sacs bio fragmentables :

Du plastique classique auquel on ajoute un additif qui pulvérise le sac en millions de particules non recyclables: ce n’est pas ce qu’on peut appeler un progrès. La loi a consenti à les interdire.

Une incohérence dans la loi

Ça s’appelle mettre la charrue avant les bœufs. L’idée de la loi est de nous inciter à remplir ces sacs biodégradables des restes de repas organiques, viande, légumes etc et de les composter. On les met au fond du jardin et quand les bactéries ont tout dégradé on s’en sert d’engrais pour enrichir le potager. Mais quand on vit en appartement en ville on fait quoi ? On les met à la poubelle tant qu’il n’existe pas une filière de ramassage dédiée aux déchets organiques. Et ça existe à peine.

Alors le panier en osier de la grand-mère… c’est pas si mal.

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