La parade de la Jamais Contente
La parade de la Jamais Contente © Radio France

Pourquoi le pétrole continue-t-il d’empoisonner les négociations sur le réchauffement climatique ?

Connaissez vous la Jamais Contente ? La première voiture à atteindre les 100 kilomètres à l'heure était électrique. C'était en 1899. Et elle est encore mécontente d'avoir été mise en panne par les voitures thermiques. Pourquoi ? Parce que c'était plus facile et plus rapide de remplir un réservoir avec des combustibles fossiles que de charger une batterie. Plus facile, moins compliqué, moins cher d'extraire le pétrole, le charbon, le gaz. Des énergies bienfaitrices pour l'humanité depuis la révolution industrielle - en tout cas pour la partie de l'humanité qui y a accès - mais que l'on ne soupçonnait pas au départ de renforcer l'effet de serre et de provoquer un réchauffement climatique. On ne savait pas. Maintenant on sait.

Mais nous sommes toujours dopés aux combustibles fossiles. Cette pollution écologique a eu des effets économiques incontestables : elle a créé des filières industrielles, des emplois, une hausse du niveau de vie, un accès aux soins, un allongement de l'espérance de vie... et tant de choses encore. Alors aujourd'hui quand on dit qu'il faut réduire les gaz, beaucoup comprennent que c'est un retour à l'âge pré-industriel et à la bougie. Et ça fait peur à tout le monde. Ça fait peur aussi à ceux qui vivent grâce aux technologies émettrices de gaz à effet de serre. Qu'ils soient employés, qu'ils soient rentiers. C'est tout un monde qui doit se reconvertir et c'est d'autant plus difficile que les hydrocarbures arrivent encore à être l’énergie la moins chère.

Parce que bien souvent elle est largement subventionnée.

Et parce qu'on ne leur fait pas payer leur impact sur le climat. L'histoire de l'humanité c'est une route vers le progrès. Une route qui change de direction brutalement et souvent par faute d'anticipation. Le bassin minier lorrain a été abandonné parce qu'il n'était plus rentable économiquement. Les employés se sont retrouvés sur le carreau. Chômage. Désespoirs alors que si l'on avait anticipé on aurait pu les former à de nouveaux emplois. Et là on persiste dans les mêmes erreurs. Plutôt que de prévoir cette révolution sans carbone on attend. Et tout le monde a peur et se cramponne à ce qui existe quand il faut inventer autre chose.

Et quand l'Arabie Saoudite s'engage - c'était hier - à réduire ses émissions de gaz à effet de serre, cela ne signifie pas qu'elle renonce à vendre son pétrole. Et cela ne signifie pas que les pays vont renoncer à l'acheter.

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