Laurent Fabius le maitre  d'oeuvre de la COP
Laurent Fabius le maitre d'oeuvre de la COP © Radio France

L’accord de Paris sur le climat est qualifié d’historique, c’est de la COM ou de la COP ?

Cet accord est le premier étage d’une fusée qui peine à décoller et dont les moteurs sont toujours alimentés par l’énergie fossile. Elle ne va pas nous envoyer sur la bonne trajectoire : limiter la hausse de la température à moins de deux degrés, et si possible un degré et demi.

C’est écrit dans l’accord de Paris.

Mais les promesses des Etats de réduction ou de stabilisation des émissions de gaz à effet de serre sont trop faibles.

Le thermomètre va grimper de plus trois degrés.

L’objectif est donc irréalisable !

Le gaz carbonique a une durée de vie d’une centaine d’année … les quantités déjà accumulées dans l’atmosphère sont telles qu’elles n’ont pas fini de réchauffer le climat. Même si on arrête aujourd’hui d’en émettre. Nous allons dépasser le un degré et demi de réchauffement.

Pour juguler cette fièvre, les scientifiques ont une solution. Il faut renoncer à l’exploitation de 80% des gisements d’énergies fossiles : pétrole, gaz, charbon. Il faut les laisser dormir dans le sous sol.

Allez convaincre l’Arabie Saoudite. Elle a passé sont temps à glisser des gouttes de pétrole sous les pieds des négociateurs pour les faire déraper et obtenir l’essentiel pour elle : l’abandon d’une taxation du gaz carbonique destinée à promouvoir les économies d’énergie et la réduction des émissions de gaz à effet de serre.

L’accord ne fait pas référence à la nécessite de réduire la consommation des fossiles et n’évoque pas les énergies renouvelables.

Et pourtant l’accord est sans précédent.

C’est vrai si l’on considère que pour la première fois TOUS les pays se sont engagés dans la lutte pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.

L’accord de Kyoto de 1997 ne concernait que les pays du Nord.

On le dit contraignant : ça fait rigoler les spécialistes. L’expression « doit » a été remplacé par « devrait ». La possibilité d’agir est une liberté de faire ou de pas faire, ce n’est pas une obligation.

L’ONU est tout sauf une œuvre caritative. Chaque pays défend ses intérêts.

Et puis franchement : les échéances n’incitent pas à la mobilisation. 2050, 2100. Les gouvernants d’aujourd’hui ne seront plus là. Décider aujourd’hui avec des impacts immédiats sur les économies et le mode de vie des populations pour assurer l’avenir de l’humanité … c’est compliqué.

Allez, vous avez aimé ou détesté la cop 21, vous allez adorer la COP 22 l’an prochain à Marrakech.

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