Le papyrus Plisse
Le papyrus Plisse © BNF /

France Inter est en direct de la BNF riche de 14 millions de livres et manuscrits… et c’est une provocation ! Nous évoquons le recyclage du papier.

J’ai été prévenue gentiment : ici on ne jette rien. Comment recycler 10 siècles de connaissances sauf à les faire connaître aux hommes d’aujourd’hui et de demain.

Le plus vieux manuscrit conservé entre ces murs date de moins 1 900 ans avant Jésus Christ, c’est un papyrus, le papyrus Prisse. A l’époque on savait fabriquer un support résistant au temps. Aujourd’hui les livres de poche se délitent en quelques années, la colle qui maintient les pages sèche, tout s’envole. Comme de gros confettis.

Mais on recycle peu de livres en France.

Techniquement rien ne l’empêche. Mais une fois lus on préfère les conserver dans sa bibliothèque. Comme un témoignage, une reconnaissance à l’auteur qui nous a fait vivre de si bons moments de lecture.

On les garde. L’essentiel du papier et du carton recyclés ce sont les journaux, les emballages.

Du ticket de métro à l’enveloppe : tout est recyclable. Y compris quand le papier est fardé d’agrafes. Tout ce qui n’est pas papier est écarté automatiquement dans les centres de tri. Même les enveloppes à fenêtre peuvent accéder à une seconde vie.

Mais le recyclage pourrait être plus performant.

Un papier sur deux est recyclé en France. Depuis la naissance d’Ecoflio en 2 007, le taux de recyclage a augmenté de 35%.

Ecofolio est l’éco organisme chargé de collecter l’argent auprès des entreprises qui mettent du papier sur le marché et de le redistribuer pour financer le recyclage.

Mais nous sommes loin des performances des Allemands ou de l’Espagne, nous pourrions faire mieux.

L’idéal serait de mettre à la disposition de tous les français un bac dédié au papier. On n’y jette que du papier. Il reste propre. Mais c’est rare. On nous invite à le jeter dans le bac des emballages. Il est mélangé à des boîtes de conserves encore imprégnées de résidus alimentaires et là c’est sûr le papier sera souillé. Son recyclage est compromis.

Il coûte plus cher. Pour faire baisser le prix du papier recycler, il faudrait aussi que nous en achetions, nous et les collectivités locales. Lui donner la priorité d’achat.

Pour faciliter son recyclage, les entreprises sont encouragées à travailler sur la conception écologique : le choix des colles, de l’encre, peuvent faciliter la réutilisation des papiers.

Et il y a quelque chose que vous ne connaîtrez jamais ici à la BNF, mais qui risque de fâcher toute une profession : la presse écrite jusque là épargnée devra payer sa contribution écologique pour financer le recyclage de ce qui devient un déchet une fois lu : le journal. Jusque là elle était épargnée. Quand on sait les difficultés économiques des entreprises de presse, on imagine que cette perspective les inquiète.

Le recyclage du papier a créé 100 000 emplois en France.

Il permet d’économiser de l’énergie et de l’eau : l’équivalent de 6 bains par personne et par semaine. Vous pourrez m’objecter que lorsque l’on est écolo on évite de tremper dans une baignoire, on prend des douches. C’est plus économique.

Mais ce qui est précieux et rassurant c’est que tous les trésors conservés par la bibliothèque nationale de France où nous sommes aujourd’hui ne serviront jamais à économiser des litres d’eau. Ils ne gaspillent rien et sont destinés à enrichir la connaissance. Promis je ne vole pas le papyrus Prisse pour le lire sous ma douche.

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