Comment définir l'impact du bruit sur l'organisme ? En menant une étude en laboratoire sur des rainettes soumises (ou pas) à des bruits de circulation routière. Et on observe.

Une étude menée en laboratoire, qui a pour objectif de définir l‘impact du bruit sur l'organisme, a été menée sur des rainettes. Les grenouilles ont été soumises à des bruits de circulation routière.
Une étude menée en laboratoire, qui a pour objectif de définir l‘impact du bruit sur l'organisme, a été menée sur des rainettes. Les grenouilles ont été soumises à des bruits de circulation routière. © Thierry Lengagne

Dans cette étude, les cobayes ne sont pas des hommes mais des amphibiens. Des rainettes. En laboratoire, les grenouilles ont été soumises à des bruits de circulation routière. Une autre population témoin restait dans le silence.

Il s’agit de faire la comparaison entre les deux groupes et de mesurer l‘impact du bruit.

Les grenouilles communiquent entre elles. Pour signaler un prédateur, pour se reconnaître et pour choisir leur partenaire de vie et assurer leur descendance. Donc elles ont besoin de s’entendre.

Et celles qui sont soumises à la diffusion de bruit routier ont du mal.

Ça commence par le stress

Les chercheurs sont capables de le mesurer en prélevant de la salive chez les grenouilles, ils repèrent l’hormone de l’angoisse. Chez les grenouilles soumises au bruit elle augmente de 57%.

Leur système immunitaire s’affaiblit

On s’en rend compte en injectant une bactérie pas bien méchante dans l’une des pattes de la rainette, son organisme ne la combat pas correctement.

Et leurs histoires d’amour sont compromises.

Les femelles choisissent les mâles en fonction de leur discours. Avec le bruit de la circulation ça devient compliqué de choisir le bon ténor. Il faut aussi compter avec la couleur : les mâles ont un sac vocal, une gorge qui se gonfle, et plus elle est orange plus elle attire les femelles. C’est le signe d’un mâle en bonne santé. Mais le bruit impacte aussi cette faculté à se colorer. Ils sont pâles et n’attirent pas les fiancées, elles boudent. Elles finissent par craquer mais se reproduisent avec des mâles qui ne sont pas au top de leur forme quand la nature sélectionne les meilleurs reproducteurs pour que l’espèce survive.

Alors oui nous ne sommes pas des grenouilles. Mais l’un des auteurs de l’étude Thierry Lengagne ne voit pas pourquoi nous humains serions exemptés des effets du bruit sur la santé

► LIRE AUSSI | Cette étude (en anglais)

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