Le gouvernement dévoile ce matin une nouvelle démocratie du dialogue sur les projets d’environnement.

Comment éviter les blocages comme Notre Dame des Landes et une victime comme au barrage de Sivens.

Notre Dame des Landes. La Zone à Défendre selon les Zadistes. Imaginons que les citoyens aient eu à leur disposition les outils démocratiques qui sont présentés aujourd’hui…

Il y aurait eu une concertation préalable au projet. Les citoyens auraient pu en être à l’origine. 20% des électeurs s’exprimant sur Internet pour demander que tout le monde se mette autour de la table pour discuter du projet avant qu’il ne soit figé sur les plans et dans les futurs bétons.

Envisager des alternatives. Est il possible d’utiliser et de rentabiliser les aéroports riverains. Peut être qu’une majorité aurait dit non, et peut-être aurait dit oui. En tout cas les citoyens auraient donné leur avis. Mais demain avec cette réforme comme hier l’Etat aura le dernier mot. Regrette la Fondation Nicolas Hulot.

Mais avec les enquêtes et les débats publics les citoyens sont déjà conviés à donner leur avis

Mais c’est après que tout ait été ficelé. Souvenez vous de la guerre anti TGV Paris Aix en Provence. Dans les années 90. Les défenseurs de la Montagne Sainte Victoire manifestaient leur opposition en criant :

« Cézanne réveille toi ils sont devenus fous ».

Et ils ajoutaient quand on leur proposait de modifier légèrement les tracés : « l’Etat et ses rails à grande vitesse nous disent on va vous faire une balafre indélébile, vous la voulez où ? Sur le menton ou sur la joue ? ». Ils voulaient défendre leur patrimoine couché sur la toile par Cézanne le père de la peinture moderne. Ils n’ont pas eu raison. Je suppose que les voyageurs sont contents d’aller si vite de Paris à Marseille par le train. Et la Montagne Sainte Victoire est encore majestueuse.

Encore aujourd’hui des citoyens, une enquête ou un débat public qui disent « non » ne signifie pas l’abandon d’un projet.

La démocratisation du dialogue environnemental va-t-elle changer quelque chose au projet d’aéroport de Notre Dame des Landes ?

Jeudi dernier le président de la République a annoncé un référendum pour décider de son sort. Problème : juridiquement, ça n’existe pas. Ce n’est pas prévu par la loi. « Oui mais il a employé ce mot pour que tout le monde comprenne qu’il s’agit de consulter les français ». C’est ce disent les conseillers du gouvernement. J’avoue ne pas avoir eu François Hollande au téléphone pour qu’il m’aide à comprendre. En tout cas il va falloir inventer un truc législatif assez vite pour écrire une procédure légale permettant de demander l’avis des pro et anti aéroport. Et la réforme en cours ne prévoit pas ce genre de consultation. D’autant que cela ne concerne pas que les riverains mais toute la nation : l’aéroport aura des impacts sur les émissions de gaz à effet de serre et sur la transition énergétique chère à la ministre de l’écologie Ségolène Royal.

On n’est pas sorti de l’affaire. Enfin, puisque nous parlons d’aéroport, on est loin d’atterrir.

Le Conseil National de la transition Energétique doit se prononcer aujourd’hui sur la réforme de la démocratie environnementale.

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