Un nouvel accord historique pour le climat conclu ce week-end à Kigali au Rwanda. Il s'attaque aux HFC, les plus puissants gaz à effet de serre du moment.

Les délégués européens célèbrent l'adoption de l'amendement de Kigali, 15 octobre 2016
Les délégués européens célèbrent l'adoption de l'amendement de Kigali, 15 octobre 2016 © AFP / Cyril NDEGEYA / AFP

L'accord de Kigali prévoit de réduire de 85 % ces gaz hydrofluorocarbures d'ici 2047.

Ces gaz industriels qu'on trouve surtout dans les réfrigérateurs, les climatisations, mais aussi dans les bombes aérosols et les mousses.

Leur pouvoir chauffant est 14.000 fois supérieur au CO2.

Les pays riches ont accepté d'aller plus vite que les pays pauvres : les plus rapides seront les États-Unis et la plupart des pays européens, un deuxième groupe de pays comprenant la Chine leur emboîte le pas. L'Inde traîne un peu les pieds dans un troisième groupe.

L'utilisation de ces HFC a explosé ces dernières années à mesure que les Pays en voie de développement s'équipent en climatisation : d'après une étude de l'université américaine Berkeley, leurs émissions progressent de 10 à 15 % chaque année.

A trois semaines de l'ouverture de la COP22 à Marrakech, l'accord de Kigali est un signal très positif

L'accord de Kigali, c'est sept ans de discussions loin des projecteurs, et pourtant son effet pourrait être spectaculaire, d'autant qu'il s'agit d'un accord légalement contraignant, avec des sanctions pour les récalcitrants.

L'élimination des HFC c'est 72 milliards de tonnes équivalentes de CO2 d'émissions en moins d'ici 2050 : en gros, cela représente deux années d'émissions mondiales.

L'accord de Paris conclu à la COP21 veut limiter le réchauffement climatique à 2°C : l'accord de Kigali pourrait bien permettre de réaliser un quart de cet objectif.

La prochaine COP22 profite d'un bon alignement des planètes, avec trois accords internationaux concernant le climat conclus en l'espace de quelques mois : celui sur la fin des gaz HFC ce week-end, celui, début octobre, de l'aviation civile qui s'engage pour la première fois à freiner ses émissions de CO2 par un mécanisme de compensation, et puis dernièrement il y a eu la ratification - plus rapide que prévue - de l'accord de Paris.

Encourageant mais pas suffisant...Pour l'instant, le réchauffement de la planète reste plutôt sur une trajectoire de 3°C.

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