La matière première de farine d'insectes
La matière première de farine d'insectes © Ynsect

Une drôle d’idée pêchée sur la plateforme internet des solutions pour le climat

Oui drôle d'idée : nourrir les poissons d'élevage, les volailles, les chiens, les chats avec des farines d'insectes.

Ces animaux domestiques ne dédaignent pas de déguster des insectes. Mon chat Caw est revenu de sa maraude avec une libellule dans la gueule le weekend dernier. L'idée est développée par Ynsect : la société a monté un élevage pilote près de Besançon. Les insectes sont ensuite transformés en farine.

L'objectif c'est de les proposer aux fabricants de nourriture animale pour les incorporer dans les croquettes.

Ces fabricants sont en effet à la recherche de nouveaux ingrédients moins chers et riches en protéines.

Mais quel est le rapport avec l'environnement et le climat ?

Aujourd'hui la matière première est issue de la culture du soja, importé, souvent OGM et responsable d'une partie de la déforestation. Elle provient aussi de la pêche de petits poissons au large du Pérou. Avec un impact sur la chaine alimentaire : on prive les gros poissons de leurs proies. Cette surpêche menace l'écosystème marin. La société Ynsect veut offrir une alternative durable à ce pillage avec des farines d'insectes.

Le laboratoire
Le laboratoire © Ynsect

Et quel est l'insecte sacrifié ?

Un scarabée. Il est nourrit avec des résidus de produits céréaliers. Les déchets de biscuiterie par exemple et du son de blé.

La vie d'un scarabée débute par un œuf. Il donne naissance à une larve qui transforme en nymphe qui se métamorphose en adulte. Les insectes sont prélevés au stade de larve. 2 centimètres. ON conserve une partie de l'élevage pour assurer la reproduction. Les autres sont abattus. C'est le terme dit Alexis Angot le directeur de la société. Un jet de vapeur et ils sont morts c'est radical. C'est en conformité avec la réglementation européenne sur le bienêtre animal.

Les insectes sont broyés, séchés.

Pour le moment cette farine d'insectes n'entre pas dans le circuit commercial. Pour ça il faudrait des autorisations qui n'ont pas encore été accordées.

Elle est analysée par les centres de recherche de l'industrie de l'alimentation animale.

Ne croyez pas que cette idée relève du gadget. Elle est suivie de très près par l'INRA et le CNRS. Elle fait partie des solutions climat présentées en amont du sommet de Paris, la COP 21. Les projets seront exposés au Grand Palais début décembre.

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