BIlan ar premier janvier
BIlan ar premier janvier © BRGM

Le bilan du remplissage des nappes phréatiques.

C’est inhabituel ! A cette époque de l’année elles devraient avoir le ventre déjà bien rempli. Mais d’après le BRGM, le bureau de recherches géologiques et minières, plus de la moitié des nappes ont soif. C’est le cas pour le Sud, le Sud Ouest et le Nord Est. Et c’est assez logique, le déficit de précipitation n’a pas permis de les abreuver.

N’imaginez pas une nappe phréatique comme un trou, une grotte, une piscine sous vos pieds. Le sous-sol est formé de roches plus ou moins poreuses. L’eau y trouve refuge et reste stockée plus ou moins longtemps selon les pompages.

Et qui sont ces Shadocks qui pompent ?

L’agriculture représente jusqu’à 80% de la consommation.

Les réserves peuvent être immenses : dans le Bassin Parisien, elles conservent des centaines de millions de mètre cube d’eau à 600 mètres de profondeur en moyenne. Mais il ne faut pas pomper au delà de la capacité de la nappe à se régénérer. D’où l’avalanche d’arrêtés de restriction des usages en été : avec des interdictions temporaires d’irriguer, évitons de le faire en plein soleil ou des interdictions totales. Et ce n’est pas sans conséquences sur la production agricole.

Les nappes phréatiques ont encore le temps de se remplir

« Pas sûr » remarque Philippe Vigouroux expert au BRGM… Les pluies utiles tombent de septembre à mars. Lorsque la végétation se met en dormance et ne boit plus l’eau qui tombe du ciel. Elles ne doivent pas être torrentielles, sinon elles ruissellent sur le sol et glissent vers les cours d’eau direction les océans. A partir du mois de mars, le printemps réveille la nature. Et elle a soif. Elle a besoin d’eau pour assurer sa croissance, la fabrication des feuilles, des fleurs, des fruits. Elle va donc boire et intercepter la goutte d’eau qui devait cheminer lentement vers la nappe phréatique : à la vitesse d’un kilomètre par an en moyenne selon la porosité du sol.

Et ces nappes ne sont pas seulement un capital liquide qui sert essentiellement à l’irrigation des terres agricoles. Elles abreuvent les cours d’eau… un jour j’ai vu une rivière, c’était dans le marais Poitevin. Elle coulait à l’envers… la nappe avait tellement été pompée pour les besoins agricoles qu’elle ne pouvait plus abreuver le cours d’eau… alors le Shadock c’était elle, elle pompait l’eau de la rivière n’étant plus capable de l’alimenter. L’eau ne coulait plus de la source vers la rivière, elle aspirait l’eau de la rivière pour abreuver la source et la nappe souterraine.

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