Le glyphosate est la molécule active du Roundup de Monsanto
Le glyphosate est la molécule active du Roundup de Monsanto © Reuters / Charles Platiau

L'Europe va t-elle renouveler l'autorisation du glyphosate, la molécule active du célèbre herbicide Roundup, le plus vendu au monde ? Décision prévue aujourd'hui ou demain à Bruxelles. Pour ajouter à la complexité du dossier, une énième expertise minimise les effets du glyphosate.

Cette nouvelle expertise scientifique sur les résidus de pesticides nous dit c'est "improblable que le glyphosate pose un risque cancérogène pour les humains par l'alimentation". Elle a été menée cette étude par le JMPR (Joint Meeting on Pesticide Residues), une agence sous double tutelle : l'Organisation mondiale de la santé, l'OMS et l'organisation de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture, la FAO.

Le hic, c'est que l'année dernière, une autre agence de l'OMS a classé le glyphosate comme "cancérogène probable". Il s'agit du Centre international de recherche sur le cancer, le CIRC.

Comment expliquer que les uns disent blanc quand les autres disent noir ?

Si vous écoutez la plateforme glyphosate qui regroupe une trentaine de fabricants dont Monsanto, il faut relativiser la toxicité de la molécule. Dans la liste des produits classés cancérogènes, on trouve aussi la friture des aliments, est-ce que ca veut dire que tenir une baraque à frites provoque le cancer ?

Greenpeace a une toute autre lecture. L'ONG met en cause l'indépendance des scientifiques du JMPR, et accuse nommément deux experts de conflit d'intérêt.

Le énième épisode d'une bataille entre fabricants et ONG à coups d'expertises

Les entreprises agrochimiques disent faire confiance à l'Efsa, l'autorité européenne de sécurité des aliments, qui estime que le risque cancérogène du glyphosate est improbable. Dans le même temps, l'ONG Générations futures annonce qu'elle va porter plainte pour tromperie contre le système d'évaluation de l'Efsa jugé biaisé. L'autorité épluche des centaines et des centaines d'études dont une bonne partie est fournie par les industriels. Or elles sont classées top secret industriel.

Dernièrement la Commission européenne a fait un pas : elle demande aux fabricants de publier leurs études. OK, disent les industriels, mais à condition que les études soient mises à disposition dans une pièce, consultables uniquement sur place avec interdiction de photocopier.

Dans cet imbroglio, l’Europe dira aujourd'hui ou demain si elle renouvelle l'autorisation du glyphosate qui arrive à expiration fin juin.

C’est précisément le Comité permanent des végétaux, des animaux et des denrées alimentaires qui doit se prononcer. Mais qui connait cette instance parmi le public ? C’est pourtant elle qui va voter une proposition de la Commission européenne, tenue secrète ! d'après des fuites, on s’achemine vers neuf ans de plus pour le glyphosate.

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