Auto immobile ne pollue pas
Auto immobile ne pollue pas © Finetooth

Les fraudes à la pollution pour les voitures… et sur bien d’autres choses encore.

Cela fait plus de cinq ans que l’association européenne Transport et Environnement dénonce l’écart existant entre les tests réalisés en laboratoire et la réalité lorsque l’automobile roule sur le bitume.

Et ceci dans l’indifférence générale, sauf chez nous : France Inter a relayé cette information.

Je ne parle pas de la triche délibérée de Volkswagen . Mais des évaluations menées sans logiciel anti-pollution.

Prenons un nouveau modèle de véhicule. Il n’a rien à voir avec celui qui va sortir des chaînes de montage et que vous allez acheter. C’est la voiture idéale , préparée comme une future mariée : batterie à pleine charge, frein libérés pour éviter les frottements, pièces usinées au microscope pour assurer la fluidité de la mécanique. La voiture est posée sur des rouleaux qui tournent pour simuler la route et c’est parti.

On s’exonère des contraintes météorologiques, de la température, du vent. On prélève les gaz d’échappement, on analyse et tout va bien. Mais ce n’est pas comme ça dans la vraie vie.

Sur route, on pollue plus.

Les voitures à essence s’en sortent plutôt bien. Le pot catalytique est efficace dès que la température des gaz atteint 150 degrés et ceci, au bout de quelques secondes.

Pour les voitures diesel, c’est plus compliqué. Le filtre à particule est rarement pris en faute. En revanche, les émissions d’oxyde d’azote ne sont pas toujours éliminées lors du fonctionnement du moteur. Cela tient à la température de combustion du carburant. Plus faible que dans un moteur à essence.

Préconiser des tests sur route n’est pas forcément la bonne solution : il faut embarquer des appareils de mesures qui ne seraient pas plus fiables car soumis aux turbulences du roulage.

Les tests en laboratoire ont la bénédiction des autorités gouvernementales.

Que ce soit pour l’automobile ou la chimie.

L’industrie les réalise elle-même ou rémunère un laboratoire pour faire le travail. On teste une molécule : le glyphosatepar exemple qui entre dans la composition duRound Up mais on n’évalue pas l’effet cocktail : le produit mis sur le marché avec ses additifs qui accentuent l’efficacité du glyphosate.

On étudie l’absence d’effet aigu d’une molécule mais pas le risque chronique. Elle ne tue pas tout de suite, elle est autorisée, mais que se passe-t-il au bout de plusieurs années d’exposition ? On n’étudie pas ça.

Pas le temps !

Et le temps, c’est de l’argent que ne peuvent pas dépenser les états. Ils adoptent alors des règles souvent suggérées par les industriels sur le conseil d’experts qui n’ont pas pu faire carrière dans le domaine public, faute de poste : les états n’ont pas d’argent pour ça et s’en remettent aux industriels. Ces professionnels, les états les appellent à la rescousse pour participer à des commissions d’enquête en cas de problème. Les états ont négligé d’investir dans l’indépendance de la contre-expertise. Pas d’argent.

Ces experts connaissent évidemment bien leur métier, ce sont des spécialistes. Mais ils sont immédiatement soupçonnés d’être juge et partie puisqu’ils gagnent habituellement leur vie grâce à l’industrie.

Toujours faute d’expertise indépendante,

Quand une industrie soumet les résultats de ses tests sur un nouveau produit, l’administration se contente d’une vérification littérale, sur papier. Elle n’a pas les moyens de réaliser ses propres contrôles.

Je m’étonne donc que l’on s’étonne, qu’en l’absence d’expertise indépendante, ce système ouvre la voie aux tromperies.

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