Remplacer les vieux radiateurs électriques par des appareils neufs, ce n’est pas forcément une bonne idée pour lutter contre la précarité énergétique.

Radiateur
Radiateur © Matthias Kulka/Corbis

Les vieux radiateurs que l’on a rebaptisé les « grilles pains » - sauf à se positionner juste au dessus, on a froid- ces vieux radiateurs ont été déployés dans les années 70. Peu chers à l’achat, facile à poser, l’investissement paraissait valoir le coup. Mais les dépenses de fonctionnement, la facture, se sont révélés démesurés.Le ministère de l’écologie l’a annoncé au début du mois : le remplacement de 200 000 vieux radiateurs électriques par des appareils modernes et moins gourmands en énergie. 200 000 sur les 15 millions qui équipent les logements français. Et ceci à titre gracieux. Le budget est évalué à 20 millions d’euros. EDF y participera mais ça ne suffira pas. Il faut trouver d’autres gentils donateurs. Ce plan de modernisation s’adressera en priorité aux territoires labellisés « à énergie positive ». Ceux qui sont entrés dans une démarche écologique de lutte contre les gaspillages énergétiques. Il cible également les ménages les plus modestes qui souvent ne se chauffent pas parce qu’ils ne peuvent pas payer leur facture d’électricité.

Donc c’est une bonne idée de les mettre à la casse.

Oui d’après le Gifam : le groupement professionnel des fabricants d’appareils électroménagers. Très bonne idée. C’est sûr elle va doper les ventes. Mais le Gifam rappelle aussi que les nouveaux équipements permettent de faire baisser sa facture d’électricité de 30%.

Radiateur intelligent
Radiateur intelligent © GIFAM

Ils sont intelligents.

La régulation n’est plus mécanique – c’est moi qui tourne le bouton – mais électronique. Après programmation, ils respectent la température demandée au dixième de degré près. Ils peuvent détecter la présence ou l’absence d’une présence dans la pièce. En fonction de quoi ils baissent la température ou la relèvent. Même scénario si vous ouvrez une fenêtre. Et c’est vrai à quoi bon chauffer la rue. Bref ils seraient une bonne réponse au défi du changement climatique et de la transition énergétique.

Et c’est faux ?

La Fondation Abbé Pierre et Le Réseau pour la transition énergétique le pensent. Le chauffage électrique est une cautère sur une jambe de bois : même les appareils modernes ne peuvent rien si le logement est une passoire thermique. Ils sont 10 millions de ménages dans ce cas.

Ce chauffage a des conséquences sur le réseau : en période de pointe, lorsque tout le monde rentre à la maison il consomme l’équivalent de la production de deux réacteurs nucléaires. RTE le réseau de transport de l’électricité parle du séisme du chauffage électrique qui met en péril l’équilibre entre la production et la consommation.

Mais EDF y tient. Elle a créé une association : « Equilibre des énergies » pour soutenir le chauffage électrique.

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