Pripiat en 2013 ville  fantôme
Pripiat en 2013 ville fantôme © Jbuket

Nous sommes à la veille des 30 ans de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl voici l’histoire d’une enfant de la catastrophe devenue femme

Elle s’appelle Eléna. Le 26 avril 1986 elle n’avait pas 8 ans. Elle vivait à Pripiat, la ville dortoir des employés de Tchernobyl située à 3 kilomètres de la centrale nucléaire. Son papa travaillait à la centrale. Mais il était à la maison ce soir là sauf que … il a entendu les explosions. En pleine nuit. Elena s’est réveillée aussi, elle a regardé, avec lui et sa maman, ce volcan qui rougeoyait au loin. Lui le père redoutait le pire, ça se voyait dans ses yeux mais sa parole était calme et rassurante pour sa famille. Ce n’est pas grave disait-il. La parole d’un homme qui ne croyait pas un seul mot qu’il prononçait : il avait compris. Mais dans cette Union Soviétique qu’était l’Ukraine à l’époque, il ne fallait surtout pas mettre en doute le silence des autorités. Silence oui parce que personne n’a eu d’information.

Mais que s’est il passé exactement ?

Un test imposé par Moscou. A une heure du matin 23 minutes et 4 secondes. Les employés obéissent.

Rapidement le réacteur monte en puissance. Il devient incontrôlable. Deux explosions et l’incendie. Le problème de ces réacteurs RBMK c’est qu’ils n’ont pas d’enceinte de confinement. Ce coffre fort qui doit emprisonner la radioactivité dans la centrale en cas d’accident. Là tout a explosé dans l’atmosphère. Elena n’avait pas 8 ans. Les autorités n’avaient donné aucune consigne de protection et n’avait pas prévu les pastilles d’iode stable qui permettent de saturer la thyroïde et d’empêcher l’iode radioactif de se fixer dessus. Quelques années plus tard Eléna a été victime d’un cancer, on l’a opérée de la thyroïde. Elle vient en France pour des contrôles chaque année. Elle va bien. Enfin si l’on peut dire : sans thyroïde il faut avaler des médicaments tous les jours.

Et Eléna n’a pas compris pourquoi elle avait du abandonner son nounours quand il a fallu partir.

Parce que quand les autorités ont enfin décidé d’évacuer ils ont dit

« Prenez juste vos papiers d’identité, vous reviendrez chez vous rapidement. » Eléna a laissé son nounours. Ils sont tous partis sans rien d’autre que le papier qui prouvait leur identité. Convaincus qu’ils allaient rentrer vite à leur domicile. Elena n’est jamais rentrée chez elle, le nounours est toujours sur son lit, il est radioactif. Elle en pleure encore à 38 ans. Et elle regarde avec consternation ce tourisme de la catastrophe nucléaire qui fait de Tchernobyl une destination à la mode. Y compris pour les voyages de noce.

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