tapis de substances non préoccupantes
tapis de substances non préoccupantes © VerboseDreamer /

A la veille de l’ouverture du salon de l’agriculture, la guerre de l’ortie n’est pas terminée.

Ce sont des remèdes de grand mère… et de grand père. Utiliser les propriétés stimulantes de certaines plantes pour fabriquer des traitements biologiques, sans molécules chimiques de synthèse.

Le purin d’ortie et de prêle sont des préparations hors la loi.

Elles n’ont pas encore d’autorisation de mise sur le marché. La loi d’avenir agricole votée il y a deux ans prévoit les classer comme bio stimulants. 800 produits naturels attendent toujours le sésame : le décret d’application qui permettra de les échanger gracieusement et de les vendre sans risquer une amende.

Ce sont pourtant des alternatives aux pesticides.

C’est ce que plaide l’association pour la promotion des « préparations naturelles peu préoccupantes ». Coucou le jargon !

Une catégorie créée « tout exprès » pour ces produits naturels.

Surtout ne pas parler de traitement ou de vertus soignantes et surtout ne pas faire de l’ombre aux pesticides. C’est important le vocabulaire.

D’ailleurs on ne parle plus de pesticides mais de produits phytosanitaires. Et les industriels se sont rebaptisés UIPP, Union pour la protection des plantes. Vous saisissez la différence.

Pourtant les ministères de l’environnement et de l’agriculture ont répété leur volonté de réduire l’usage des produits chimiques de synthèse. On

Trouve des pesticides dans 92% des cours d'eau surveillés.

Comment expliquer que l’on attende encore le décret autorisant les produits naturels ?

Il est en cours de rédaction répond le ministère de l’agriculture. Mais il serait compliqué à rédiger.

Il faut prévenir les fraudes et il y en a eu : des produits dits naturels auxquels on aurait ajouté des adjuvants chimiques.

Il faut donc définir exactement leur composition.

Le ministère de l’agriculture rappelle que même les substances naturelles peuvent être dangereuses, certaines brûlent la peau.

Alors pour le purin d’ortie :

Attention, ça pique. Je suis souvent tombée dans un nid d’ortie étant petite, ma grand mère me disait « c’est bon, ça fait circuler le sang » mais oui je confirme ça fait mal et ça pique.

Pour le purin, la recette est assez simple : des orties, de l’eau. Laisser macérer en remuant tous les jours, filtrer le mélange au bout de deux à trois semaines et c’est prêt.

C’est assez facile à cuisiner mais apparemment c’est plus compliqué d’écrire la recette … mais promis juré dit le ministère de l’agriculture, le décret autorisant les préparations naturelles sera prêt avant l’été.

Il faut laisser encore le temps aux techniciens de définir chaque préparation.

En attendant nous resterons sous le régime d’une grande hypocrisie.

Les produits naturels sont vendus, utilisés par les collectivités territoriales. Y compris dans les jardins du Sénat à Paris. Et dans l’ex « fief » de la ministre de l’environnement, Ségolène Royal, la région Poitou Charente.

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