Forêt en Essonne
Forêt en Essonne © Nathalie Fontrel

Dès le début du mois de juillet, les chemins forestiers ont pris des allures d'automne : le sol était déjà jonché de feuilles mortes. C'est le résultat d'une réaction de défense des arbres. Ils effectuent leurs échanges gazeux par les feuilles. Elles sont couvertes de stomates, c'est un peu l'équivalent des pores de notre peau. C'est par ces petits trous que les feuilles absorbent le Gaz carbonique et évacuent la vapeur d'eau. Quand il fait très chaud et sec, les arbres ont un impératif : conserver l'humidité. Ils ferment donc les stomates des feuilles. Très vite on s'aperçoit qu'elles forêtsrougissent et tombent.

Les forêts du monde entier absorbent le tiers de nos émissions de CO2. Grâce à cet échange gazeux par les feuilles. En cas de canicule, cet échange est bloqué. On l'avait déjà constaté en France lors de la canicule de 2003. Les arbres ne mangent plus le gaz carbonique. Comme ils sont moins gourmands, le taux de CO2 dans l'atmosphère grimpe. Mais ce n'est pas tout.

Une étude américaine parue récemment dans le magazine scientifique Science montre que les arbres ont du mal à se remettre d'une sécheresse caniculaire.

Les chercheurs ont étudié les cernes de croissance des arbres sur plus de 1300 sites dans l'hémisphère Nord. Les arbres mettent jusqu'à 4 ans à retrouver leur vitalité habituelle. Ils végètent en quelque sorte. Leur croissance diminue de 9% la première année puis de 5% la deuxième année suivant un épisode caniculaire.

Même si il leur tombe des seaux d'eau sur la tête.

On ne sait pas très bien pourquoi. Peut-être parce que la sécheresse endommage le système vasculaire des végétaux. Ils auraient ensuite de la peine à faire circuler l'eau dans leur organisme.

Mais surtout, cet effet-là réduit leur capacité à stocker du CO2. Dans le Sud-Ouest des Etats Unis, la baisse pourrait atteindre 3%. Vous allez me dire que c'est peu. C'est pourtant le quart des émissions de gaz à effet de serre des USA.

Si les forêts ne sont plus aussi efficaces, cela risque d'accélérer encore le changement climatique qui lui-même va provoquer des sécheresses qui elles même vont compromettre l'activité dépolluante des forêts... Bref, c’est un cercle qui n'a rien de vertueux.

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