Centrale nucléaire de Cruas. Drome
Centrale nucléaire de Cruas. Drome © Fred Niro

C’est la cinquième campagne de distribution de comprimés d’iode pour les riverains des centrales nucléaires

La catastrophe de Tchernobyl a motivé ces campagnes de distribution. En Ukraine, l’épidémie de cancer de la thyroïde était due à l’accident évidemment et au dégagement d’iode radioactif qui s’est fixé sur la thyroïde des riverains.

S’ils avaient avalé des comprimés d’iode stable pour saturer la thyroïde, empêcher la radioactivité de s’incruster, ils auraient sans doute échappé à la maladie.

Les comprimés d’iode sont un médicament avec une date de péremption. Il faut donc les renouveler régulièrement. D’où cette nouvelle campagne de distribution.

Et elle redoute de ne pas être efficace.

En 2009, 80% des riverains des centrales nucléaires avaient entendu la campagne d’information : allez chercher les comprimés chez votre pharmacien. C’est gratuit. Mais la moitié des personnes concernées n’y sont pas allées.

Alors l’ASN, l’autorité de sûreté nucléaire s’est interrogée. Elle a sondé les populations qui ne se sont pas déplacées.

Pourquoi ?

De toute façon en cas d’accident, iode ou pas, on sera mort ont répondu 67% des personnes. A quoi bon perdre du temps à aller chercher les comprimés.

Et pour 54% : il n’y a pas ou peu de risque d’accident. Alors à quoi bon.

La centrale est là, incrustée dans le paysage depuis des décennies. Oui il y a des incidents régulièrement. Mais pas d’accident. Les Etats-Unis, l’Ukraine, le Japon ont connu des catastrophes. Mais nous sommes en France. Et rien heureusement. Pas de séisme atomique.

L’enjeu est d’arriver à inculquer la culture du risque…

500 000 foyers sont concernés : ils vivent dans un rayons de 10 kilomètres autour d’une centrale nucléaire. Pourquoi 10 et pas 20 parce que c’est la loi. Sans commentaire…

Ils sont régulièrement informés sur la conduite à tenir en cas d’accident.

Rester enfermé. Couper la ventilation.

Ne pas aller chercher les enfants à l’école.

Ecouter les radios du réseau France Bleu et France Inter qui donneront des conseils sur la conduite à tenir.

Et diront si et quand il faut avaler le comprimé d’iode sur ordre des autorités de radioprotection.

Mais surtout ne pas sauter dans sa voiture pour embouteiller les routes et compromettre l’arrivée des secours. Ceux qui sont nécessaires à la gestion de l’accident pour éviter un Tchernobyl ou un Fukushima.

Mais en cas d’accident ce sera la réaction des gens ?

Malgré les exercices de simulation d’accident – 12 en moyenne par an et la majorité concerne le personnel d’une centrale nucléaire pas la population – les riverains s’investissent peu et ne jouent pas le jeu.

Pourtant ce n’est pas un jeu d’apprendre à survivre à un accident nucléaire.

On peut toujours s’opposer à cette forme d’énergie. Mais elle est là et le

risque zéro n’existe pas.

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