À quatre jours du sommet climat : comment sauver les atolls du Pacifique ?

Par Clotilde Dumetz.

Le chef de l'État plonge dans l’eau turquoise des Maldives. Il est revêtu d’une combinaison de plongée. De bouteilles et d’un embout pour respirer. Une fois au fond, le président des Maldives est rejoint par ses ministres. Ce jour-là, c'était en 2009, le conseil des ministres se tenait au fond de l’eau, pour dire aux dirigeants de la planète : si vous ne réduisez pas les gaz nous allons être noyés.

Ce pays fait partie des AOSIS, les petits états insulaires qui émergent à pas grand-chose au-dessus des vagues de l’océan Pacifique. Le réchauffement climatique les menace de noyade.

Ils demandent depuis 20 ans des réductions de gaz à effet de serre.

Cela explique qu’ils aient été les premiers à ratifier le protocole de Kyoto. Ils n’étaient pas contraints de réduire les gaz mais ils voulaient que les autres, NOUS, fassions cet effort.

Aujourd’hui, ces états insulaires contestent l’objectif des négociations actuelles sur le climat : contenir à plus deux degrés pas plus la fièvre de la planète d’ici 2100. Pour eux il ne faut pas dépasser un degré et demi.

La hausse du niveau des océans, risque de les submerger mais ils ont alimenté sans le savoir le risque de disparaître.

Un exemple : L’île de Nauru. Riche, très riche, grâce à l’exploitation du phosphate. Un élément de base pour la fabrication d’engrais agricole. Exporté dans le monde entier. Il suffisait de ramasser puis de creuser l’intérieur de l’île. La forêt a disparu sous cet appétit, et les sols aussi. Mais cette exploitation rapportait tellement. On roulait en 4X4 sur cette île de 24 kilomètres carrés. Il est intéressant de voir en miniature ce qui va arriver à notre économie : Nauru n’a plus de phosphates donc plus rien à vendre. Et elle va couler parce qu’elle a dévoré son habitat, son sol.

Cette île fait partie d’une coalition un peu étrange au sein des négociations climat qui s’ouvrent lundi.

C’est une alliance improbable. Le groupe des 77 c'est ainsi qu'il s'est baptisé au sein des négociations climatiques. Ce groupe rassemble notamment les pays producteurs de pétrole ET les AOSIS, Mais quoi de commun entre eux ? Rien. Sinon un intérêt : toi tu as du pétrole, ta voix pèse sur la scène internationale. Moi insulaire je n'ai rien, mais mon vote peut aider. C'est ainsi que cette alliance a porté cette revendication : le financement de l’adaptation des pays les plus vulnérables menacés par les cyclones et la submersion. Mais aussi l’aide aux pays pétroliers qui vont perdre de l'argent si l’on réduit la consommation d'énergie fossile. Vous comprenez pourquoi un accord sur le climat est si difficile à écrire.

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