Cigéo
Cigéo © Radio France

L'agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs gère trois sites de stockage de déchets en surface et porte le projet d'enfouir les plus dangereux à 500 mètres sous terre, à proximité du laboratoire de Bure dans la Meuse. C’est le projet Cigéo.

Mais comment ne pas oublier que ces déchets dorment sous la terre? D'autant que l'échelle de temps est plurimillénaire. C'est donc un pari sur le futur et une question qu'il faut résoudre : quel est le symbole de danger qui traversera les siècles, qui avertira nos descendants que ce n'est pas une bonne idée d'aller creuser là.

L'ANDRA a déjà des pistes de travail.

Une qui n'est pas bien originale : ce sont les archives. Mais le papier n'est pas éternel. On peut utiliser du papier permanent moins acide que le papier classique dont l'acidité justement compromet la conservation des documents à long terme. Mais ça ne suffira pas non plus. D'où l'idée de choisir d'autres supports comme la céramique où la gravure sur un disque de saphir dont la durée de vie est estimée à de plus d'un million d'années.

Mais comment être sûre que les générations futures pourront les lire ?

Notre langue existera-t-elle encore dans plusieurs siècles ?

Et quel message choisir : si on avertit "ne creusez pas c'est dangereux" il y a de fortes chances pour que cela incite à faire exactement le contraire, à aller voir. Par simple curiosité.

L'ANDRA travaille aussi sur la mise en place de rites annuels. Sortes de cérémonies avec les riverains du site. Ce qui permettrait de transmettre la mémoire oralement de génération en génération. Ou encore l'installation d’une œuvre d'art de grande taille.

Aux Etats Unis, il existe un site de stockage pour les déchets nucléaires d'origine militaire. Et le département de l'énergie envisage d'édifier un tumulus de terre de 10 mètres de haut avec au sommet 48 monolithes sur lesquels seront gravés le sigle de la radioactivité et des visages humains effrayés ou pris de nausées.

On n'a pas encore trouvé la recette miracle. On connait en revanche celles qui peuvent provoquer la perte de la mémoire :

Catastrophes naturelles, guerres et révolutions.

Garder la mémoire de Cigéo est un pari sur le fait que nos sociétés- qui progressent depuis leur naissance- vont continuer à le faire, à acquérir de nouvelles connaissances et ne sombreront pas dans le chaos.

La minute de la biodiversité

Et l'empathie chez les loups.

François Letourneux de l'Union Internationale pour la conservation de la nature

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