Arctique
Arctique © Radio France

On se souvient -peut être- des pluies acides en Europe et depuis qu’on les combat, l’arctique se réchauffe encore plus.

Ce n’était pas un massacre à la tronçonneuse. Mais dans les années 1970, des forêts entières ressemblaient à des arêtes de poissons dressées vers le ciel : les pluies acides les faisaient passer du vert au brun. Elles les rendaient malades. Cet acide était dû aux émissions de dioxyde de soufre. Le soufre, naturellement présent dans les combustibles fossiles. Tous coupables : industrie, transport, chauffage participaient à la mort des forêts, à celle des organismes vivants dans les lacs et les rivières, à la réduction des rendements agricoles dans les champs.

La réglementation a entendu les cris d’alarme : elle a exigé que l’on enlève le soufre autant que possible dans les combustibles fossiles.

Et malheureusement pour les emplois, les délocalisations des industries ont également permis de réduire les émissions en Europe : le soufre lui aussi a déménagé ailleurs, en Asie devenue "l’usine du monde". Et là-bas, le soufre, on s’en moquait. C’est dommage quand même que les mauvaises expériences des uns ne profitent pas autres. Maintenant c’est l’Asie qui est touchée.

Mais quand on combat une pollution d’un côté, on en crée une de l’autre. Les pluies acides aidaient l’Arctique à contenir sa fièvre.

Une fois dans l’atmosphère le soufre a la particularité de renvoyer une partie du rayonnement solaire vers l'espace, comme un parasol. Il combat sans le savoir le réchauffement climatique. Comme l’a fait l’irruption du volcan Pinatubo aux Philippines en 1991. Le nuage a fait le tour de la planète et provoqué une baisse des températures d’au moins 0,4 degrés sur la Terre. Dans ce nuage il y avait du soufre. Ce n’est pas un réfrigérateur évidemment.

On l’a dit souvent sur l'antenne de France Inter : l’Arctique se réchauffe deux fois plus vite que toutes les autres zones de la planète. La glace de mer et les glaciers terrestres fondent vite. Plus vite qu’ailleurs.

En février dernier, l’anomalie de température était de 5ºC de plus, jusqu’à 10ºC dans les points les plus chauds.

Pendant des décennies, nos émissions de souffre ont un un tout petit peu freiné le réchauffement.

Allez comprendre ! On pollue moins l’atmosphère et le climat nous remercie en prenant un coup de chaud en plus !

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