Ironie du sort, la biodiversité de la zad Notre-Dame-des-Landes a été protégée en grande partie par le projet d'aéroport qui traine en longueur.

Zone humide de Notre-Dame-des-Landes
Zone humide de Notre-Dame-des-Landes © Radio France / Marc Tisseau

Oui, la Zad est le paradis des tritons marbrés, des grenouilles agiles et des campagnols amphibies...

Ce paysage de bocage n'a pas beaucoup changé depuis 50 ans...Il n'a pas subi les transformations habituelles du paysage agricole français...pas de regroupements de parcelles de terre par exemple...ce qu'on appelle le remembrement, souvent synonyme d'arasement...En gros, on coupe tout ce qui dépasse : haies, arbres, talus qui servent de refuges aux animaux.

Le naturaliste François de Beaulieu, l'un des meilleurs spécialistes de Bretagne, explique aussi que les plus de 200 mares répertoriées n'ont pas été comblées, les ruisseaux n'ont pas été rectifiés.

L'autre explication pour comprendre la mise sous cloche biologique de ce territoire tient à la nature des sols en zone humide...Marcel Thébault, agriculteur expulsable, rappelle que c'est une terre d'élevage,  pas une terre pour la production intensive de céréales.

D'ailleurs, il ne faut imaginer la Zad comme une vaste prairie déserte de 1.600 hectares...La majorité de la terre est encore cultivée aujourd'hui...par des éleveurs qui refusent de quitter leur ferme, par des agriculteurs qui sont sous contrat avec le maître d'oeuvre du projet d'aéroport Vinci et aussi par des occupants de la Zad qui ont développé des projets agricoles collectifs et alternatifs...Dernier en date : le semi de blé noir...

 Biodiversité : la zad est sans doute l'une des zones les mieux étudiées de France :

Pendant trois ans le collectif des Naturalistes en lutte contre l'aéroport a arpenté la Zad pour dresser un inventaire complet de la faune et de la flore, des dizaines de bénévoles ont passé des heures à observer les oiseaux,  à écouter le chant nocturne des grenouilles pour les recenser. Cet inventaire vient d'être publié dans l'une des plus vieille revues naturalistes, la revue bretonne Penn ar Bed. 2.000 espèces ont été comptabilisées...dont une dizaine d'espèces rares comme des orchidées ou  le Martin-pêcheur.

Des naturalistes bénévoles à Notre-Dame-des-Landes © Hervé Ronné
Des naturalistes bénévoles à Notre-Dame-des-Landes © Hervé Ronné

Les naturalistes ont trouvé de nouveaux arguments contre le projet d'aéroport. Ils affirment avoir découvert  cinq nouvelles espèces protégées qui n'ont pas été prises en compte dans le dossier réglementaire : une musaraigne d'eau, un triton très rare et trois nouvelles espèces de plantes. De quoi justifier, disent-ils, de nouveaux recours.

Le projet d'aéroport prévoit de compenser la destruction de la zone humide...En recréant un peu plus loin plusieurs centaines d'hectares de prairies humides. "C'est impossible", répond le collectif des Naturalistes en lutte. Ils rappellent la richesse de cette zone humide refuge pour la flore, vitale pour la régulation de l'eau.

La France a perdu 70 % de ses zones humides en un siècle...bétonnées pour agrandir les villes ou asséchées pour cultiver.

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