Raie Mobula
Raie Mobula © Longitude 181

Vous connaissez la raie Manta. Majestueuse avec ses trois mètres d’envergure. Elle était menacée de disparition. En 2013, la CITES la convention sur le commerce des espèces en danger les a protégées. Pas de problème a répondu le monde international de la pêche, on va se jeter sur sa cousine : la Mobula plus petite, un mètre, mais après tout ce qu’il cherche ce n’est pas vraiment de déguster des ailes de raie. Encore que au Mozambique les pêcheurs en mangent. Mais la chair est plus souvent utilisée pour servir d’appât et attirer les requins. Pour une autre spécialité soit disant gustative : les ailerons de requins.

Ce qui les intéresse dans la raie c’est surtout de prélever leurs branchies.

Ca se mange les branchies ?

En quelque sorte oui. Elles sont réduites en poudre et entrent dans la pharmacopée asiatique. La préparation est supposée assainir les reins et le sang. Parce que ces animaux filtrent des quantités gigantesques d’eau, pour vivre, leurs branchies seraient capables de nettoyer notre corps.

Or ces espèces, raie Manta ou Mobula, se reproduisent peu. Un petit tous les deux à 5 ans pour la raie Manta. L’oeuf se développe dans le ventre de la mère mais c’est une Manta miniature qui sort.

La maturité est tardive : 10 ans pour une bestiole qui a 40 ans d’espérance de vie. Je vous parle des Manta parce que sa cousine la Mobula est beaucoup plus mal connue, peu étudiée. Sa discrétion on pourrait même parler de timidité ne facilite pas l’observation. Elle nage en bande dans les profondeurs et un plongeur ne voit qu’une ombre grise qui vole sur les fonds marins.

Les pêcheurs ne la ciblent pas toujours. C’est surtout une prise accessoire. Les filets sont tendus pour capturer un autre poisson et elle se prend dedans. Son problème, c’est qu’elle n’a pas de marche arrière. Une fois bloqué par les mailles du filet elle avance, avance et s’empêtre dedans : elle ne peux pas reculer. Elle meurt.

On prélève ses branchies pour fabriquer de la poudre de perlimpinpin. Un truc qui n’a rien d’ancestrale. C’est souvent au nom de la tradition que l’on décime des animaux, les tigres, les rhinocéros etc.

Mais pour les branchies de raie les scientifiques n’ont rien trouvé dans la littérature. Ce doit être une invention assez neuve. Et ça rapporte plus que les ailerons de requins : 200 dollars le kilo.

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