CHamps de blé
CHamps de blé © Radio France

C’est la crainte de l’ONU : l’agriculture va manquer de terres.

Il fut un temps où les fermes ressemblaient à ça : un équilibre entre les champs cultivés et l’élevage. Les cultures fournissaient la paille qui servait de litière aux animaux et le fumier allait enrichir les terres, protégées de l’érosion du vent et de la pluie par des haies.

Et puis on a demandé aux agriculteurs de produire toujours plus en leur fournissant des engrais, des pesticides, des tracteurs pour labourer plus vite, plus loin, plus profond. Ils ont relevé le défi.

Ils se sont spécialisés, les uns dans l’élevage, les autres dans les céréales. D’où une abondance de déjections animales d’un côté, on ne sait plus quoi en faire, et une pénurie de matière organique de l’autre, les terres agricoles se stérilisent.

La terre, les sols disparaissent d’après le dernier rapport de la FAO

L’organisation des Nations Unis pour l’alimentation et l’agriculture affirme qu’en 100 ans, l’équivalent de la surface des Etats-Unis est parti aux oubliettes.

Un exemple : dans certaines terres de la Beauce, longtemps qualifié de grenier à blé de la France, le blanc domine. La couleur des cailloux. A force de labourer profond et dans le sens de la pente, la moindre pluie lessive et balaie les sols.

On sème sur des cailloux à grand renfort d’engrais. Et comme il n’y a plus d’humus capable de retenir l’humidité on irrigue. Même quand il pleut. La matière organique indispensable aux cultures a presque disparu.

Mais on a des solutions pour rétablir la richesse des terres.

Semer des plantes légumineuses pour couvrir les sols en hiver et les enrichir en matière organique.

Préférer les engrais naturels comme le fumier.

Eviter de détruire les sols avec des labours trop profonds.

Replanter des haies.

Bref écouter nos anciens, nous avons tous des ancêtres agriculteurs.

Redonner vie à la terre : « c’est » et demain on pourrait dire « c’était » le milieu le plus riche de la planète. Le sol abrite 80% de la biomasse. Des micro-organismes en passant par les vers de terre. Et tous sont des travailleurs naturels. Comme les insectes pollinisateurs dont nous parlions récemment : ils bossent gratuitement. Quand les produits chimiques coûtent cher.

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