Les poteaux creux, un piège pour la faune sauvage. Crédit photo :
Les poteaux creux, un piège pour la faune sauvage. Crédit photo : © radio-france / Jean-François Noblet

La loi biodiversitésera examinée mi-mai en deuxième lecture par le Sénat. Les Sénateurs devront se prononcer entre autres sur un amendement passé inaperçu : l'obligation de boucher les poteaux creux pour éviter que les oiseaux ne tombent dedans.

En 1975, le chef de gare de Saint-marcellin en Isère fait une découverte morbide dans des poteaux téléphoniques en métal stockés sur le site. Il découvre des dizaines de cadavres d'animaux. Des oiseaux en quête d'un nid ont glissé dans les tubes et incapables d'en ressortir meurent à petit feu, d'épuisement, de faim et de soif..

Les association de protection de l'environnement sont alertées. Elles découvrent alors une véritable hécatombe partout en France. Les PTT comme on dit à l'époque ont installé des millions de poteaux téléphoniques qui sont creux à leur sommet. Un piège mortel pour les chouettes, les mésanges, les chauves-souris et même les écureuils et les serpents.

Branle-bas de combat chez les naturalistes. Ils lancent une campagne de sensibilisation, parviennent à convaincre France Telecom de mettre au point un bouchon spécial efficace (après plusieurs essais). Partout en France, les bénévoles sortent leur échelle et mènent des opérations acrobatiques de rebouchage de poteaux. Aujourd'hui on estime que 90 % des poteaux sont obturés.

Alors pourquoi une loi ?

Parce qu'il y a du relâchement. Depuis quelques années, de nouveaux poteaux métalliques creux ont fait leur apparition dans le paysage. Par exemple des tubes qui servent à accrocher les filets paravalanches et anti-éboulements. Les défenseurs de l'amendement "bouche trou" disent qu'à certains endroits ils ont compté jusqu'à 1 mètre de cadavres au fond d'un seul poteau, soit une quarataine d'animaux.

La loi biodiversité prévoit l'interdiction de poteaux creux au 1er janvier prochain. ils devront, soit être munis d'un bouchon, soit être fabriqué en bois.

Autre obligation : les opérateurs de téléphonie et les collectivités locales ont un an, jusqu'au 1er janvier 2018 pour obturer tous les poteaux existants.

Il reste d'autres pièges mortels pour la faune sauvage

Après les poteaux téléphoniques, les naturalistes repartent en guerre contre d'autres pièges à bêtes. En ligne de mire : les bassins de rétention le long des autoroutes. Les grenouilles, les loirs, les mulots viennent boire, tombent dans l'eau et ne peuvent pas remonter à cause des parois glissantes. Les députés écologistes devraient revenir à la charge devant le Sénat avec un amendement pour obliger les aménageurs à installer des système anti-noyade pour la faune. Le département de l'Isère a déjà mis en place des sortes de bandes anti-dérapantes. Une sorte d'échelle pour sortir de l'eau.

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