Empereur ou hoplostète
Empereur ou hoplostète © Robbie Cada - Wikimedia Commons
Nous nous sommes habitués à gérer la pénurie. Depuis les années 70, les pêcheurs et les r esponsables politiques n'ont pas connu autre chose. Et pour cause : la diminution des stocks de poisson a eu lieu bien avant 1970. C'est le constat d'une étude de l'université européenne de Bretagne. L'indice d'abondance des poissons dans le golfe de Gascogne et la Mer Celtique a été divisé par 6 depuis la seconde guerre mondiale. Et tout s'est déroulée entre 1950 et 1970. Depuis 1970 donc on a l'impression que la mer peut continuer à alimenter nos assiettes. Une impression validée par le fait que les quantités pêchées sont restées stables. Elles ont continué à alimenter nos estomacs sans doute mais aussi une illusion : les populations de poissons peuvent supporter ces prélèvements. Mais en réalité c'est faux. Car pour débarquer les même quantités dans les ports, il a fallu multiplier la pression de pêche par 10. En utilisant plus de bateaux équipés de techniques modernes comme les sonards pour repérer les bancs de poissons. On est aussi allé plus loin et plus profond pour chasser des poissons jusque là inconnus de nos assiettes. Comme le Grenadier ou l'Empereur. Tout en continuant à surexploiter les autres. Cette traque a provoqué une diminution de la taille des poissons de 32 centimètres. **Grenadier, Empereur des ancêtres dans nos assiettes.** On évite de montrer leur tête sur les étals. A cause de leur "sale et grande" gueule. Quand on vit au fond du fond de la mer, il y a peu de lumière et quand une proie passe à votre portée il ne faut pas la rater. Mieux vaut avoir une grande bouche. Le problème avec ces poissons, c'est que comme toutes les espèces qui vivent longtemps, ils se reproduisent tard. Chez l'Empereur la maturation sexuelle intervient entre 17 et 21 ans alors qu'à 8 ans la morue peut se reproduire. On a d'abord pêché les plus gros : des ancêtres. L'Empereur peut vivre 150 ans. On a ensuite puisé dans les plus jeunes qui eux ne se sont pas encore reproduits. Depuis le début des années 2000, les scientifiques tirent la sonnette d'alarme. Ils demandent de réduire la pression de pêche. Mais les quotas de pêche sont 60% supérieurs à leurs recommandations. ### **LA MINUTE de la BIODIVERSITE** Et le sens de l'orientation des insectes. Et d'un en particulier : le bousier. C'est un insecte coprophage. Il se nourrit d'excréments, de bouses. Sans ces bousiers, le sol serait stérilisé par les déjections animales. Quand l'Australie s'est lancé dans l'élevage, elle a du introduire des bousiers pour dégrader les déjections des animaux d'élevage. **François Letourneux** de l'Union internationale pour la conservation de la nature nous raconte son histoire.
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