Deux fois en l’espace d’une semaine Ségolène Royal plaide pour le nucléaire.

Elle l’a répété hier, elle veut prolonger la durée de vie des centrales nucléaires. Prudente elle reconnaît la loi : à condition que l’ASN, l’autorité de sûreté nucléaire donne son accord.

Ce n’est pas la ministre de l’environnement qui décide. Même le président de la République n’en a pas le pouvoir. A moins que l’on ne soit devenu une république bananière et que les autorités dites indépendantes soient aux ordres. Et n’aient plus d’indépendance que le nom.

Les centrales n’ont pas de durée de vie. Elles n’ont pas de date de péremption. On ne les a pas construite en disant : vous en avez pour 10 ou 30 ans. Elles vont en avoir 40 et EDF veut leur en faire vivre 10 de plus.

Ce qui les maintient en vie : c’est leur capacité à respecter les exigences de sûreté, de sécurité. Ce n’est pas Ségolène Royal qui décide.

Mais il y a une question de rentabilité économique.

Plus un outil résiste au temps plus son prix d’achat est amorti.

Plus les centrales nucléaires produisent moins elles coûtent cher, et plus le prix de l’électricité va baisser nous dit la ministre de l’environnement. En théorie ce n’est pas faux.

Le petit problème, c’est que si un aspirateur arrive en fin de vie il refuse de démarrer ou fait sauter les plombs. Ce n’est pas très grave.

Une centrale nucléaire… comment dire, c’est un peu différent.

L’institut de radioprotection et de sûreté nucléaire a publié une étude sur les effets d’un accident nucléaire en France. Ce serait une véritable catastrophe humaine et économique. Pour nous et pour les pays voisins.

Les centrales sont surveillées.

Ce qui n’empêche pas les incidents. Tous les 10 ans elles passent un check up complet. Cette visite décennale décide de leur droit de continuer à fonctionner, si tout va bien. Ça coûte cher.

On ne leur demande pas de conserver leur jeunesse… mais de rajeunir. On exige qu’elles prennent en compte tous les retours d’expérience. Tous les incidents et accidents connus dans le monde. ET qu’elles investissent pour les éviter.

Depuis la catastrophe de Fukushima au Japon, les centrales françaises ont été auscultées : seraient elles capables de supporter ce que n’a pas pu surmonter la centrale japonaise. Non a conclu l’autorité de sûreté. Elle a décidé de renforcer les mesures de sûreté. Et là encore ça coûte cher.

Le nucléaire français est enlisé dans de très grosses difficultés économiques. « Situation très préoccupante » a dit le président de l’autorité de sûreté en début d’année.

La question essentielle ce n’est pas la prolongation de la durée de vie des centrales.

C’est de savoir si EDF a les moyens financiers d’assurer la sécurité du nucléaire aujourd’hui.

L'équipe
Suivre l'émission
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.