C’est ce que permettrait une proposition de loi si elle était votée.

Casinon et plage de Biarritz
Casinon et plage de Biarritz © AFP / Jean Daniel Sudres / Aurimages / JEAN DANIEL SUDRES / Aurimages

Le parlement français envisage de détricoter la loi de protection du littoral.

Le plus incongru dans cette histoire, c’est le nom de la proposition de loi : Adaptation du littoral au changement climatique. Fort opportunément, l’agence américaine océanique et atmosphérique vient de réviser ses prévisions sur la montée des océans à la hausse. La mer va grimper de 2 mètres à 2 mètres 7 en 2100. Mieux vaudrait éviter de bétonner ce qui pourrait être noyé.

Mais dans ce texte de loi deux amendements ont été déposés. Le premier permet de remplir ce qu’on appelle les dents creuses. Les vides entre deux constructions pourront être bâtis. Il sera aussi possible d’urbaniser entre deux villages. Des zones d’activités économiques pourront être installées en pleine campagne.

« C’est la porte ouverte au mitage du territoire » remarque Jean Pierre Bigorgne. De l’association pour la défense du littoral.

Et c’est contraire à la loi littorale.

Votée en 1986, elle a permis d’enrayer le bétonnage des rivages encore épargnés à l’époque.

Le conservatoire du Littoral protège aujourd’hui 1450 kilomètres de côtes. Il achète les terres et les ouvre au public. Il a permis de conserver des écrins de nature.

La loi littorale a interdit la construction entre deux villages.

Le plus extraordinaire c’est que les scientifiques nous disent qu’il vaut mieux reculer devant la mer, la laisser se répandre sur les terres en cas de tempête.

Mais qui fait pression pour construire ?

Quand vous êtes propriétaire foncier, quand vous possédez des terres agricoles, vous êtes tenté de les vendre au prix du terrain à bâtir. Ça rapporte beaucoup. Ca a plus de valeur. Et monsieur le maire ou madame la députée entend bien quand on lui dit : votre réélection dépend de votre engagement à nous permettre de construire. Cette pression électorale fonctionne.

La loi sera examinée demain en commission. Une pétition signée notamment par Nicolas Hulot demande aux parlementaires de ne pas céder aux sirènes non pas celles de la mer, mais celles des bétonneurs.

L'équipe
Mots-clés :
Suivre l'émission
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.