Encore un patrimoine mondial de l'Unesco en danger. La grande barrière de Corail en Australie a encore blanchi et c'est très mauvais signe. C'est ce que révèlent de nouvelles observations aériennes. Les chercheurs du groupe de travail australien sur le blanchissement du corail ont survolé 520 récifs au nord-est de l'Australie, seuls quatre ne portent aucune trace blanche. Le "spectacle est accablant" disent-ils. Bien plus grave que des épisodes similaires constatés en 2002 ou 2008.

Barrière de corail en Australie
Barrière de corail en Australie © ARC Centre of Excellence for Coral Reef Studies / Terry Hughes

Comment expliquer la décoloration du corail ?

Un corail en bonne santé est beige ou marron, s'il pâlit c'est qu'il dépérit. Le corail fonctionne en symbiose. Une association entre deux organismes. D'un côté une petite méduse et ses polypes. De l'autre, une algue qui lui donne ses pigments et nutriments. Lorsque le corail subi un stress, il expulse cette algue. Il reste le blanc : le squelette calcaire.

Qu'est-ce que qui stresse le corail ? "l'augmentation de la température de l'eau" nous explique Serges Planes, spécialiste du corail, directeur de recherche CNRS (laboratoire CRIOBE) et directeur scientifique de Tara Pacific. "L'eau est à 31 degré en ce moment sur les côtés nord-est de l'Australie".

La faute au phénomène climatique El Niño, accentué par le réchauffement climatique d'après les chercheurs australiens. L'Australie n'est pas la seule concernée. "Cette année, des zones blanches sont aussi observées sur les barrières de corail de Nouvelle Calédonie, de la Réunion, des les iles Samoa mais aussi en Polynésie Française" détaille Serge Planes.

Une piqûre de rappel avant la signature de l'accord COP21

Cette année, le corail australien va peut-être reprendre des couleurs avec la fin d'El Niño. Mais à long terme la seule solution est de tenir les promesses de la COP21 !

Limiter le réchauffement climatique bien en deça de 2°C par rapport à l'ère pré-industrielle. On en est loin... Les scientifiques australiens espèrent que ces nouvelles photos du plus grand récif coralien au monde serviront de piqûre de rappel à moins d'un mois de la cérémonie de signature de l'accord de Paris, le 22 avril à New York. En trente ans, la grande barrière Australienne victime de la pollution, a déjà perdu la moitié de ses coraux. L'année dernière, l'Unesco a failli la placer sur la liste des sites en péril.

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