Le sommet climat de Paris s’ouvre aujourd’hui, mode d’emploi …

La pendule de l’entrée va s’arrêter sur minuit. Je commence par la fin : Vendredi 11 décembre sonnera la fin des négociations.

En théorie.

Car bien souvent elles se poursuivent jusqu’au dimanche matin.

Les yeux rougis de fatigue, les femmes et les hommes continuent de négocier devant cette pendule qui ne rythme plus le passage du temps. C’est pour éviter cela que Laurent Fabius et François Hollande ont décidé d’inviter les chefs d’états et de délégations dès hier.

Pour que les négociateurs commencent à travailler dès ce matin. Sans écouter le discours de leurs dirigeants.

Les Sommets climats s’ouvrent toujours par une succession de déclarations : le secrétaire général de l’ONU, les chefs d’état et de gouvernement vont se succéder à la tribune pour dire l’urgence de sauver le climat. Emphase et trémolos dans la voix, Ils paraissent toujours sincères à ce moment là. Ils emploient d’autres mots mais cela fait échos à la phrase de l’ancien président français Jacques Chirac : « notre maison brûle et nous regardons ailleurs ».

Et ils regardent toujours ailleurs d’après le texte qui est soumis aux discussions…

C’est un texte d’une cinquantaine de pages truffé de mots mis entre crochets. 1 200 phrases en suspension sur lesquelles ils ne sont pas d’accord. C’est beaucoup.

Exemple : la version minimale ne fait aucune référence aux pays les plus vulnérables, la version plus courageuse reconnaît qu’il faudra les aider à s’adapter. Il va falloir choisir et corriger ce grand écart.

Cette gymnastique sémantique va sans doute occasionner un certain nombre de courbatures intellectuelles dans le cerveau des négociateurs.

Et c’est parti pour au moins quinze jours de négociations.

Tout ne se passe pas en séance plénière où les représentants des pays demandent la parole pour défendre leur point de vue.

Et souvent c’est dur. Lors du Sommet de Bali le président des négociations s’est effondré en larmes à la tribune : les Chinois n’étaient pas contents et l’ont accusé de perfidies.

Beaucoup de tractations ont lieux à huis clos derrière les murs de salles de réunion. Ce sont des rencontres secrètes entre quelques pays qui tentent de s’accorder entre eux pour défendre une position commune et peser plus lourd sur les négociations. Cela ressemble à du marchandage. Et probablement cela en est.

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