Ils leur cassent les oreilles : les habitants du sud de l'Essonne, en lointaine banlieue parisienne, ont décidé de traquer les avions qui décollent d'Orly ou s'y posent.

Seuls les 12 principaux aéroports sont dotés d’un plan de gêne sonore, qui définit les niveaux de bruit relevés dans les couloirs de navigation aérienne.
Seuls les 12 principaux aéroports sont dotés d’un plan de gêne sonore, qui définit les niveaux de bruit relevés dans les couloirs de navigation aérienne. © ACNUSA

Nous sommes en France, mais lorsqu'il s'agit de traquer les mauvaises trajectoires des avions, c'est vers les États-Unis que l'on tend l'oreille. Un site enregistre toutes les conversations entre les pilotes et la tour de contrôle. Cela permet de comprendre pourquoi l’aéronef a quitté sa trajectoire ou pourquoi il vole si bas.

Mais comment repérer ces anomalies ? Grâce à un radar. Un tracker. Il réceptionne les signaux comme ceux d’un GPS que l’avion envoie toutes les demi-secondes pour signaler sa position. Cette trace marque un point sur une carte. Elle permet d’enregistrer les avions déviants.

Mais à quoi servent les conversations tour-pilote ?

A vérifier les explications de la DGAC, la Direction générale de l’aviation civile. En cas de plainte, l'explication officielle est souvent : "Si l’avion n’a pas suivi sa trajectoire c’est pour des raisons de sécurité." Si on entend le pilote dire au contrôleur aérien, "je me dévie pour éviter un gros cumulonimbus, un énorme nuage", on comprend que la sécurité prime.

Mais il arrive que ce soit pour prendre une route plus directe qui économise du temps et du carburant. Et les associations de lutte contre les nuisances aériennes ont alors des preuves. Elles siègent à la commission des sanctions de l’Autorité de contrôle des nuisances. L’Acnusa facture ensuite aux compagnies aériennes les trajectoires défaillantes.

3,5 millions d’euros par an

L'an passé, on parlait de 3,5 millions d’euros. Mais ces amendes ne sont pas destinées à dédommager les victimes du bruit : elles tombent dans les caisses de de l’État. Et après, on ne sait pas ce qu’elles deviennent. C’est ce que regrette Gérard Bouthillier, le président de l’association Avevy.

En tout cas, avec son tracker d’avion, son radar, il est content. Il est plus efficace que les bénévoles qui signalaient des vols anormaux. Même sur leur bonne foi, difficile de plaider la trajectoire inadaptée d’un avion. Il faut des preuves indiscutables.

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