(Re)découvrez, au travers de sons, musiques, chansons et textes, 40 films labellisés "Film Inter" en leur temps. Aujourd'hui, un film sans frontière qui part d’une province du Nord-ouest du Brésil pour rejoindre sans transition les Pyrénées paloises

Mondovino
Mondovino © Diaphana Film

Nous sommes en 2004 et Jonathan Nossiter propose son documentaire intitulé Mondovino, soit un tour du monde du monde de la vigne et des vins. Armé de sa petite caméra, il arpente les vignobles, les chais, les caves et autres séances de dégustation à la rencontre de celles et ceux qui font vivre la viticulture de ce début de siècle.

On y croise ainsi des vignerons vertueux et des viticulteurs peu regardants aussi bien que des producteurs toscans nostalgiques de Mussolini. Il y a les terroiristes qui voudraient respecter la terre qui les nourrit et face à eux les mondialisés qui produisent à outrance. Sans oublier quelques observateurs très impliqués comme Alain Chatelet de la Répression des fraudes qui explique très clairement comment un critique américain unique est à l’origine d’un vaste et désolant mouvement d’uniformisation du goût.

Le film de Nossiter est truffé de ces moments de vérité face caméra, car la plupart de ses interlocuteurs ne pratiquent pas la langue de bois. A part bien entendu, ceux qui font semblant de croire que les petits trafics entre amis sur le dos du vin peuvent durer jusqu’à plus soif. 

Sorti sur les écrans il y a seize ans maintenant, c’est peu dire que le film n’a guère vieilli même si le goût de Robert Parker a quelque peu déserté le terroir-caisse d’une bonne partie des producteurs. Reste en effet un état du monde viticole et plus largement paysan qui se pose les mêmes questions de développement durable et de production raisonnée notamment. 

Le roboratif et gouleyant à la fois documentaire de Nossiter donne évidemment à réfléchir. A chacun ensuite de se faire son idée, avec modération comme il se doit mais détermination peut-être aussi. On se quitte logiquement un verre à la main avec le morceau du générique de fin, Apeman, l’homme singe,  par le groupe britannique des années 60 The Kinks.

  • Mondovino de Jonathan Nossiter, à voir sur la plateforme de VOD UniversCiné
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