Un été pour (re)plonger dans le cinéma d'Inter avec quelques uns des films que France Inter vous a recommandé ces dernières années. Des films à (re)voir sur la plateforme de notre partenaire, UniverCiné. Aujourd'hui, Bob Dylan, puissance 6.

Cate Blanchett
Cate Blanchett © Diaphana Films

La voix off qui ouvre le film de Todd Haynes décrit le chanteur tour à tour comme "poète, prophète, hors-la-loi, imposteur et star électrisante". Tel est bien le propos de Todd Haynes qui adore les paris formels : peindre non pas un Dylan unique et monochrome mais six au total, oui, six Bob Dylan incarnés par six acteurs différents pour six personnages imaginaires : un gamin noir, un chanteur protestataire, un acteur macho, une femme, un ermite et un poète.

Il faut accepter d’entrée de jeu de se perdre ainsi dans le labyrinthe des versions successives d’une personnalité hors normes. Robert Zimmerman, alias Bob Dylan, échappe ainsi à la caricature et plus encore à la momification. Et d’autant plus, à mes yeux, que les deux meilleures séquences sont celles qui mettent en scène des représentations a priori les plus éloignées du modèle. D’abord un petit gamin noir de 11 ans qui se fait passer pour un chanteur folk. Ensuite, et peut-être plus encore, une femme, look androgyne, lunettes noires et cheveux bouclés. Et c’est tout simplement la définitivement craquante Cate Blanchett qui incarne à ce moment-là, dans les années 65-66 et en noir et blanc, la star devenu mythe vivant.

Le film de Todd Haynes échappe ainsi à toute définition. Ni biopic sans âme, ni fiction totale, ni vérité toute faite. Même pas un hommage transi d’admiration. On se prend à rêver que ce portrait qui acte une bonne fois pour toutes de la complexité de nos stars devienne la norme pour un tel exercice. Le temps des films-portraits en forme de musée de cire serait alors révolu. Place aux essais d’incarnation pour tenter d’approcher un peu de réalité sensuelle. Alors, oui, I’m Not There est un objet cinématographique non identifiable et c’est tant mieux. Il appartient à chaque spectateur de s’en saisir et d’y trouver, ou pas, "son" Dylan. 

  • I’m Not There est à voir sur le site VOD de notre partenaire UniversCiné
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