Tout au long de l’été, Laurent Delmas vous invite à (re)découvrir une sélection de films. Ce jeudi 9 juillet 2020, évoquons le film des frères Coen, « A Serious Man » sorti sur les écrans en 2009 et à retrouver sur le site de VOD de notre partenaire, UniversCiné.

Amy Landecker et Michael Stuhlbarg
Amy Landecker et Michael Stuhlbarg © StudioCanal

Le film des frères Coen commence par un prologue en forme de petite fable introductive qui plonge immédiatement le spectateur dans un univers pétri de culture juive traditionnelle, selon la volonté même des deux frères cinéastes.

Juste avant, on aura pu lire sur un carton une citation de Rashi, le rabbin et talmudiste français : 

Accepte avec simplicité ce qui t’arrive.

L’injonction semble s’adresser par dessus les siècles au héros du film, le paisible professeur de physique, Larry Gopnik, impeccablement joué et déjoué par Michael Stuhlbarg. En cette année 1967, il mène une existence sereine avec sa famille dans une banlieue idyllique du Minnesota. Bientôt, il sera titularisé et bientôt son fils fêtera sa bar-mitzvah. Mais un mauvais jour, la belle machine se détraque.

Rien ne va plus, tout d’abord dans sa famille que sa femme veut quitter pour les beaux yeux de son amant, rendant la vie domestique insupportable.

Et tout se détraque également quand un étudiant coréen tente de l’acheter pour obtenir de meilleures notes en Physique. Sans oublier les résultats d’une analyse médicale inquiétante qui se font attendre. Le malheureux prof tente alors de trouver secours auprès de la religion en allant consulter pas moins de trois rabbins. En vain. Même sa chère Physique s’avère incapable de lui expliquer le monde. 

Renouvelant avec jubilation la figure du pauvre Job, les frères Coen, en démiurges sataniques, multiplient les orages qui s’accumulent sur la tête de Larry. La façon dont ils utilisent l’humour juif fait passer Woody Allen pour un demi-sel ou un pousse mégot. Et on ne s’en veut même pas de sourire et de rire au chemin de croix de Larry qui, il faut bien l’avouer, y met beaucoup du sien. C’est peut-être le film le plus personnel des Coen qui ont placé comme des petits cailloux blancs de nombreux souvenirs de leur propre enfance juive dans ce même État du Minnesota. Après Rashi en introduction, c’est un autre rabbin, fictif lui, qui semble conclure le propos des frères Coen, avec une citation libre, d’après une chanson de Jefferson Airplane, et sous la forme d’une question : 

Quand la vérité se révèle n’être que mensonge et que tout espoir en toi meurt… Alors quoi ? 

A serious Man est à voir sur le site VOD de notre partenaire UniversCiné

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.