Une histoire d’amour qui se métamorphose en thriller, voici "Burning", un film du réalisateur Lee Chang-Don, adapté d’une nouvelle de Murakami. Ce chef-d’œuvre du cinéma sud-coréen n’a pas reçu les honneurs qu’il méritait pourtant lors de sa présentation au Festival de Cannes 2018. L’occasion de le (re)voir enfin !

Le cinéaste sud-coréen, Lee Chang-Dong à Cannes en 2018, pour présenter son film, "Burning", qui ne recevra, hélas, aucun prix
Le cinéaste sud-coréen, Lee Chang-Dong à Cannes en 2018, pour présenter son film, "Burning", qui ne recevra, hélas, aucun prix © Getty / Stéphane Cardinale / Corbis

L’action de ce film se tient en Corée du Sud, et son réalisateur, Lee Chang Dong, parcourt ici une grande partie des thématiques sociales et économiques de ce pays. Un jeune coursier, Jongsu, retrouve par hasard, Haemi, une copine de lycée, devenue animatrice commerciale.

Voici comment commence Burning, distingué par France Inter à sa sortie en 2018, et que vous pouvez désormais voir ou revoir sur la plateforme VOD de notre partenaire Universciné.com

En partance pour un long voyage, Haemi va demander au jeune homme de bien vouloir garder son chat en son absence. Jongsu accepte, lui qui vient de tomber amoureux de la jeune fille.

Le scénario est une adaptation de la nouvelle, Les Granges Brûlées, extraites du recueil, L’Éléphant s’évapore de l’écrivain japonais, Haruki Murakami. Autant dire que le récit va nous ménager quelques surprises et étrangetés. Comme ce chat par exemple, dont Jungsu a bien voulu accepter de s’occuper mais qui ne se montre jamais. 

L’histoire, banale, pourrait presque s’arrêter là, mais à son arrivée, Haemi n’est pas seule et présente Ben à Jungsu, lequel voit d’un très mauvais œil ce nouveau rival. On vous laisse le plaisir des découvertes qui vont alors se succéder dans la vie de ce trio, moderne Jules et Jim coréen

Des moments de grâce succédant à des moments violents - des incendies aussi, comme le titre le suggère… Le tout sur fond d’opposition sociale puisque Ben est aussi riche que Jungsu pauvre, sans oublier le contexte politique des deux Corées, contexte qui affleure de temps à autre sans jamais troubler le jeu multiple de ce triangle amoureux. 

Le réalisateur, Lee Chang-dong, à qui l’on devait déjà des films réputés comme Secret Sunshine et Poetry, déploie ici ses profondes qualités de narrateur et de styliste. Cet ancien et éphémère Ministre de la Culture, transforme son histoire d’amour en un film-enquête étrange et parfois même inquiétant. 

Brodant sur le thème de la disparition, il en réinvente des motifs et joue avec son spectateur comme le chat avec la souris. Devant tant de virtuosité, on s’étonne encore deux ans plus tard que ce film admirable soit reparti totalement bredouille du Festival de Cannes. 

Comme si le jury de l’époque, emmené par Cate Blanchett, n’avait pas su quoi faire de cette stimulante proposition cinématographique de premier ordre. 

Que dire du charme incroyable, par exemple, de cette scène où, au crépuscule, la jeune Haemi danse, torse nu, devant ses amis, tandis que retentit la trompette de Miles Davis échappé du film de Louis Malle, Ascenseur pour l’Échafaud ?

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