"Tournée" de et avec Mathieu Amalric a pour héroïnes les stripteaseuses américaines de la troupe engagée et féministe du "New Burlesque"

Linda Maracini
Linda Maracini © Le Pacte

Ex-producteur de télévision parisien à succès, Joachim Zand, alias Mathieu Amalric, après avoir tout plaqué, est de retour en France pour organiser une tournée de ce spectacle pas tout à fait comme les autres. Du Havre à Toulon, en passant par la Charente-Maritime, Mimi de Meaux, Rocky Roulette et Dirty Martini, entre autres, revisitent sur scène pour de vrai depuis une dizaine d’années la vieille tradition du music-hall américain, elle même influencée par les revues françaises de la fin du XIXe siècle.

Elles tiennent donc dans ce quatrième film réalisé par Amalric leur propre rôle tout au long d’une véritable tournée organisée par le réalisateur. Entre fiction et réalité, on les suit avec jubilation dans les coulisses, sur scène, dans les trains et les hôtels. Tous charmes dehors, elles séduisent par leur vitalité débridée autant que par un second degré dévastateur pour le machisme ambiant. Au milieu, Joachim Zand promène sa silhouette et ses nombreux problèmes. Il est capable de tout pour séduire, y compris à la caisse d’une station service  en pleine nuit :

Il est l’autre héros de ce film. Mi dandy, mi-escroc, toujours au bord de la faillite, piquant les bonbons par poignée à la réception des hôtels et demandant sans cesse mais en vain qu’on coupe la musique d’ambiance dans ces mêmes hôtels. Digne héritier de John Cassavetes et de Jacques Rozier pour les errances nocturnes et le dynamitage de l’ordre établi, Mathieu Amalric avec Tournée signe un film en grande liberté, célébration d’un cinéma d’auteur sans entrave ni tabou. 

Ses héroïnes et son héros n’en finissent pas de bousculer la culture de la réussite et de la perfection à tout prix. C’est dire si ce film fait du bien. Cette tournée-là, on aimerait en être, pour partager les moments de joie et de bonheur que vivent ses protagonistes même si la vie n’y est toujours pas rose comme il se doit. On en retrouve au moins l’esprit avec la belle BO du film dont ce titre du groupe américain des années 60, The Sonics, intitulé Have Love Will Travel et que l’on entend notamment dans le générique de fin. 

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