C’est la langue d’un grand pays de cinéma et c’est pourtant une langue qui nous est inconnue. Cette langue, c’est le farsi que parlent les Iraniens du film écrit, réalisé et produit par Asghar Farhadi en 2010.

Leila Hatami
Leila Hatami © Memento Films Distribution

Dans la scène initiale, alors que le générique nous montrait une photocopieuse reproduisant des papiers d’identité, nous occupons la place d’un juge qui de son bureau écoute se disputer un couple. Elle, Simin, veut divorcer de son mari Nader, parce que ce dernier refuse de la suivre à l’étranger  en compagnie de leur fille, Termeh. 

On se gardera bien ici de raconter la suite que le scénario imaginé par Farhadi se charge de complexifier à loisir. Au point de multiplier les pistes et les lectures, un "chacun sa vérité" iranien, en quelque sorte. A telle enseigne qu’au moment de la sortie du film, le cinéaste iranien prenait un malin plaisir à raconter la fable de l’éléphant qui se trouve au beau milieu d’une pièce pleine de gens mais plongée dans l‘obscurité la plus totale. Chacun est invité à le toucher pour deviner de quoi il s’agit. Celui qui palpe une patte a l’impression de toucher la base de la colonne d’un temple. Celui qui palpe une oreille songe à la grande feuille d’un arbre tropical. Tandis qu’un troisième touche la trompe et croit deviner un saxophone…Et le cinéaste de conclure : Si on allume la lumière, tout le monde s’accorde pourtant sur le fait que c’est un éléphant. Rien n’est simple donc au pays de Farhadi comme le montrent les nombreuses disputes et querelles retentissantes qui émaillent le film.

Avec les histoires multiples qu’il déploie à partir d’une situation initiale simple en apparence mais en apparence seulement, le cinéaste brosse le tableau d’une société iranienne profondément séparée comme le suggère le titre : entre les hommes et les femmes, entre tradition et modernité, entre classes populaires et bourgeoisie notamment. Sans compter les mensonges et les petits arrangements quotidiens. 

Précisons que ce film que vous pouvez voir en VOD sur le site de notre partenaire Universcine.com, a cumulé sur sa tête :

  • La Palme d’Or à Cannes
  • L’Ours d’Or à Berlin
  • L’Oscar là-bas
  • Le César  ici du meilleur film étranger

Il existe parfois des consensus mérités ! Peu de musique à vrai dire dans ce film tendu comme un arc et servi par une distribution impressionnante de sobriété, peu de musique oui mais une ultime et belle mélodie, celle du générique d’une fin dont le moins que l’on puisse dire est qu’elle est ouverte

 Asghar Farhadi
Asghar Farhadi / Memento Films Distribution
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