"Les rêves dansants" est le dernier film montrant le travail de la chorégraphe allemande décédée un an plus tard, Pina Bausch. Il rend compte de la recréation de Kontakthof, une pièce créée en 1978

Les Rêves dansants, sur les pas de Pina Bausch
Les Rêves dansants, sur les pas de Pina Bausch © Anne Linsel et Rainer Hoffmann / Jour2fête

C’est un film qui commence par la reprise du principal thème musical d’un autre film, Le troisième homme de Carol Deed. Un thème écrit par Anton Karas et qui fait donc l’ouverture du documentaire intitulé Les rêves dansants sur les pas de Pina Bausch réalisé en 2008 par Anne Linsel et Rainer Hoffman. Un film que vous pouvez voir et revoir sur le site de VOD de notre partenaire Universciné.com

Ce film rend compte de la recréation de Kontakthof, une pièce créée en 1978, non pas avec les acteurs de la troupe habituelle, comme on pouvait s’y attendre, mais avec des adolescents de la ville de Wuppertal, la ville d’élection de Pina Bausch. Ils sont, avec deux danseuses professionnelles chargées de les former, les véritables protagonistes de ce documentaire. Certes, la célèbre et impressionnante chorégraphe observe et commente devant eux leur travail, leur prodiguant conseils et remarques dans un incroyable mélange de douceur et de fermeté.

Mais, le principal ici demeure bel et bien ces jeunes gens qui, au départ, n’ont fait que répondre à une annonce passée dans leur collège, sans trop savoir à quoi ils s’engageaient durant toute une année ! La découverte d’un univers artistique qu’ils ne connaissaient pas jusque-là va de pair avec la découverte de leur corps mais également de leurs peurs et de leurs émotions les plus intimes. Se crée alors un véritable effet de miroir avec la pièce elle-même à propos de laquelle Pina Bausch avait un jour déclaré : 

Kontakthof, est un lieu où on se rencontre pour lier des contacts. Se montrer. Se défendre. Avec ses peurs. Avec ses ardeurs. Premières expériences. Premières tentatives. De la tendresse, et de ce qu’elle peut faire naître.

C’est dire si pour ces danseurs adolescents la scène devient un laboratoire de ce qu’ils sont en train de vivre dans leur existence quotidienne. Le film montre parfaitement ces découvertes successives, scrutant les corps qui se dénouent et les visages qui expriment de plus en plus ouvertement des états d’âme impossibles à dissimuler. Les deux réalisateurs parviennent à capter ces transformations et ces métamorphoses avec une délicatesse infinie. Comme toujours chez Pina Bausch,  les musiques les plus diverses accompagnent les corps des danseurs. A l’instar de ce magnifique tango mélancolique de Juan Llossas.

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