Des bruits, des sons, des rumeurs, des moteurs ouvrent l’un des films les plus stimulants de la décennie passée, pour ne pas dire le plus stimulant : "Holy Motors" écrit et réalisé par Leos Carax et que vous pouvez voir sur le site VOD de notre partenaire Universciné.com.

Holy Motors
Holy Motors © Camille de Chenay

Le film s’ouvre donc, comme A bout de souffle de Godard, et ce n’est évidemment pas un hasard, sur des sonorités notamment portuaires. Il est grand temps de prendre le large semble nous dire le cinéaste qui se met en scène lui-même dans cette ouverture sans parole qui se termine au sein d’une salle de cinéma. 

Que le spectacle commence donc. Soit les vies multiples de Monsieur Oscar, alias Denis Lavant, riche banquier qui depuis sa très longue limousine blanche conduite par Edith Scob endosse plusieurs identités tout au long de sa journée. Il est tour à tour une vieille mendiante, un danseur couvert de capteurs, une créature troglodyte, un père de famille, un tueur et ainsi de suite. A un moment donné, on retrouve ce personnage protéiforme dans l’église Saint Eustache à Paris, jouant de l’accordéon, prenant la tête d’une bande de musiciens forcenés mus par une incroyable vitalité.

Ainsi va le film de Léos Carax qui multiplie les morceaux de bravoure sans y toucher, sans esbroufe, comme autant d’espaces purement et simplement cinématographiques, véritables pieds de nez à une époque où tout se veut utile, où tout est si terne. Carax enchaîne pour nos yeux de spectateurs redevenus des enfants émerveillés, les histoires, les personnages, les destins et les lieux singuliers. Tout fait image comme aux premiers temps du cinématographe où tout fut inventé. Il y  a incontestablement chez ce cinéaste visionnaire une volonté de retour aux sources, non par une nostalgie qui ne serait alors que mortifère mais par le simple goût de retrouver l’élan d’avant. 

Le feu d’artifice sonore et visuel que nous offre Holy motors s’apparente à une véritable fête des sens, Carax multipliant par ailleurs les références comme autant de petits cailloux blancs dont chacun peut ou non s’emparer pour en faire son miel. Tout à la fois puzzle, jeu de piste et kaléidoscope, le film refuse la vaine loi du réalisme pour se concentrer sur des rêveries et des fantasmes. Le magicien Carax n’en finit pas alors de nous étonner et de nous surprendre et l’on redoute le moment où, une fois cette journée  finie, il faudra regagner le parking où viennent se garer les longues limousines blanches. 

Mais avant cela, on aura croisé sur le toit de La Samaritaine une fée qui sous les traits de la chanteuse Kylie Minogue, nous aura susurré sa chanson Who Were We. 

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