Chaque jour (re)découvrez un "Film Inter". 40 occasions de voir ou de revoir ensuite et durant tout l'été chacun de ces films sur le site de notre partenaire, la plateforme VOD, UniversCiné. Aujourd'hui, "Pater" d'Alain Cavalier

Alain Cavalier et Vincent Lindon
Alain Cavalier et Vincent Lindon © Pathé Distribution

Mais qui sont donc ces deux hommes qui débattent du prix des couteaux chez les brocanteurs puis des vertus de la truffe ? A l’image, la réponse est simple : le cinéaste Alain Cavalier et l’acteur Vincent Lindon. Ainsi commence Pater le film réalisé par Cavalier donc en 2011 et que vous pouvez voir ou revoir sur le site VOD de notre partenaire Uiversciné.com

On se dit alors que le cinéaste entame avec sa petite caméra numérique au poing l’un de ces portraits filmés dont il a le secret et dont il nous régale régulièrement. Mais c’est sans compter sur sa malice et son goût du pas de côté. Celui qui est capable de s’intéresser un jour à Sainte Thérèse de Lisieux et un autre à son voisin quincaillier, propose cette fois à l’acteur Lindon un drôle de jeu de rôles filmé. Cavalier décide d’incarner un président de la République et offre Matignon à son acteur du moment ! Ce duo est-il vraiment plus improbable que d’autres qui occupèrent vraiment le devant de la scène politique en leur temps ? Je préfère garder charitablement le silence à ce sujet. Avec la malice qu’on lui connaît, Cavalier se glisse sans problème dans des habits présidentiels assez mitterrandiens, il faut le dire. Et on l’entend sans surprise évoquer les soucis de sa charge politique.

Bien décidés à jouer la comédie sans jouer les utilités, Alain Cavalier et Vincent Lindon, pardon le Président et son Premier ministre, cherchent à réduire l’éternelle fracture sociale par la mise au point d’une proposition de loi qui devrait faire date. Tous deux imaginent de proposer l’instauration d’un salaire maximum, histoire de changer un peu la donne et d’en revenir aux préceptes égalitaires de notre République ! L’acteur et son cinéaste-président se régalent littéralement de cette perspective lors de gourmands déjeuners pris en commun. Les deux hommes jouent en permanence et de façon assumée sur l’ambiguïté de l’exercice. Qui parle vraiment ? l’acteur ou le premier ministre quand il est question de carrière sans compromis ni compromission ? Et chez Cavalier l’intime n’est jamais loin du cinéma puisqu’il évoque à travers son propre père la figure paternelle qui pose problème. 

Pater joue sans cesse avec son spectateur, lui montrant la comédie du pouvoir sous la forme d’une comédie tout court. C’est donc un film aussi ludique qu’attachant, un essai parfaitement réussi de vraie-fausse fiction politique. Le "mentir-vrai" cher à Louis Aragon trouve ainsi une magnifique et réjouissante application. Pas l’ombre d’une musique n’accompagne ce voyage dans les hautes sphères du pouvoir. On choisira donc nous-même de conclure par un clin d’œil, avec cette Marseillaise jouée par Stéphane Grappelli. 

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