Le film commence par une référence à François Truffaut et ce n'est évidemment pas un hasard.

Greta Gerwig
Greta Gerwig © MFA Filmdistribution

Deux jeunes filles qui se battent pour de faux dans un parc de nos jours à New York, l’une s’appelle Sophie et cette belle complicité féminine  se prolonge dans la rue et dans un salon qu’on imagine volontiers être celui d’une colocation entre copines dont l’une lit un livre tandis que l’autre tricote. Le tout sur le thème plus qu’enjoué d’un autre film, Une belle fille comme moi de François Truffaut, composé par Georges Delerue et intitulé Camille. Ainsi commence Frances Ha réalisé en 2012 par le cinéaste américain Noah Baumbach et co-écrit avec son actrice principale et future cinéaste alors, Greta Gerwig. Frances Ha, c’est elle. Ce film vous pouvez le voir ou le revoir sur la plateforme VOD de notre partenaire Universciné.com

La référence d’entrée de jeu à Truffaut et Delerue n’est évidemment pas un hasard. Le film, tourné en noir et blanc, est émaillé de ces allusions au cinéma français de la Nouvelle Vague notamment. Y compris dans la façon très trufaldienne de mettre en avant un personnage féminin en liberté. Avec et parfois face à Frances, comme dans toute bonne histoire d’amitié profonde, à Frances, il y a donc Sophie célébrée par l’un des thèmes joyeux de Jules et Jim, "une autre version de moi-même" comme l’appelle son amie Frances.

Les deux jeunes femmes évoluent ainsi dans un milieu artistico-intellectuel qui n’est pas sans évoquer le cinéma de Woody Allen. De toute évidence, le cinéaste et sa coscénariste ont mis beaucoup d’eux-mêmes et de leurs expériences dans ce portrait d’une génération. Cette dernière oscille sans cesse entre insouciance et gravité, entre moments de bonheur et galères quotidiennes. Un jour, c’est votre meilleure amie qui déménage pour une autre colocataire et le lendemain, on vous refuse la place de danseuse à laquelle vous prétendiez. Mais Frances ne se vit pas comme une victime. Elle sait qu’elle doit effectuer sa mue. 

Très habilement, les auteurs ont choisi le terrain de l’immobilier si prégnant à New York pour rythmer le parcours social de leur héroïne. Chaque étape de sa vie, heureuse ou non, est ainsi liée à un nouvel appartement, hors de prix ou non, souhaité ou imposé et même une fois parisien ! On ne saurait raconter plus clairement le poids de l’argent dans cette vie d’adulte qui commence. Mais c’est sans compter sur la vitalité de Frances qui tout à coup peut se mettre à danser dans la rue au son d’un titre de David Bowie, refaisant à l’identique, et c’est tout sauf un hasard, la performance de Denis Lavant dans le Mauvais sang de Leos Carax sur Modern Love. Et si le cinéma, la musique et la danse pouvaient changer la vie ? 

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