Chaque jour, Laurent Delmas met un coup de projecteur sur un film qui fut, en son temps, soutenu par France Inter. Nous sommes ce matin dans un pensionnat de petites souris grises et le soir comme chacun le sait une très vieille souris grise édentée leur raconte avant de dormir une histoire d’ours affamé évidemment.

Ernest et Célestine
Ernest et Célestine © StudioCanal

Le « Il était d’une fois » du film se double donc d’un « il était une fois » intérieur. Rien de mieux que ce redoublement pour nous dire que c’est bien l’heure du conte et de la fable. En l’occurrence avec Ernest et Célestine, le film d’animation réalisé en 2012 par Benjamin Renner, Vincent Patar et Stéphane Aubier sur un scénario de Daniel Pennac, d’après la série du même nom inventée par Gabrielle Vincent. 

C’est donc l’histoire d’une petite souris  artiste peintre chargée de récolter des dents d’ours pour les glisser sous des oreillers et d’Ernest un gros ours mal léché qui fait de la musique pour gagner sa croûte. C’est la vieille histoire du monde d ‘en haut, celui des ours, et du monde d’en bas, celui des souris, qui semblent inconciliables. Un beau jour, évidemment, Ernest trouve Célestine endormie dans une poubelle. Ainsi commence une amitié raisonnée fondée sur l’entraide mutuelle.

Célestine a la voix de Pauline Brunner et Ernest celle de Lambert Wilson. C’est la première fois que furent ainsi portées à l’écran les célèbres aventures pour enfant de ces deux-là, leur auteure se refusant de son vivant à toute adaptation pour le cinéma. César du Meilleur film d’animation en 2012, le film déploie grâce à ses trois concepteurs une superbe animation faite de dessins à l’aquarelle qui rendent l’ensemble particulièrement fluide. Évitant le piège facile de la mièvrerie, Ernest et Célestine mélange humour, tendresse et poésie avec une indéniable délicatesse. 

Ce film que l’on peut voir et revoir sur la plateforme VOD de notre partenaire Universcine.com peut être conseillé dès l’âge de cinq-six ans. Le scénario élaboré par Daniel Pennac est plus un hommage qu’une adaptation proprement dite de l’univers de Gabrielle Vincent. On y trouve d’ailleurs une dimension presque politique absente de l’œuvre initiale. Le film pointe du doigt les ravages de l’instinct grégaire aussi bien que la médiocrité petite bourgeoise ou les abus de pouvoir en tous genres. Avec Ernest et Célestine, l’animation européenne prouvait une nouvelle fois sa capacité à se frayer un chemin singulier entre le sumo japonais et le poids lourd américain. Pas de film d’animation ou presque sans chanson. On doit celle du film à la verve enjouée de Thomas Fersen. 

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