Whiplash est le second film écrit et réalisé en 2014 par un jeune génie franco-américain alors à peine âgé de 29 ans, qui allait conquérir le monde 2 ans plus tard avec La La Land, Damien Chazelle.

J.K. Simmons et Miles Teller
J.K. Simmons et Miles Teller © Sony Pictures Releasing GmbH

Sur un fond d’écran intégralement noir, un solo de batterie virtuose et son point d’orgue éclatant. Quand la lumière se fait, on découvre en travelling un jeune musicien au travail.

Ce film labellisé Inter vous pouvez le voir et le revoir sur la plateforme de notre partenaire Universciné.com. Quand ce jeune homme joue son solo de batterie, il ne sait pas qu’il est attentivement écouté par le charismatique et tyrannique professeur Terence Fletcher d’une prestigieuse école de musique de New York. C’est le début d’une relation pédagogique pour le moins mouvementée. Le jeune Andrew se heurte sans cesse aux exigences grandissantes de son Pygmalion, exigences qu’il porte en lui-même tout autant.

Sur le mur de sa chambre d’étudiant, un poster proclame ainsi sans détour : 

Si tu ne travailles pas, tu finiras dans un groupe de rock.

Tout est dit ou presque de l’obsession maladive de la recherche de l’excellence. Le maître et l’élève s’affrontent quotidiennement en élevant la dispute au rang des arts majeurs

Entre eux, tous les coups sont permis , comme ce moment où l’enseignant donne une mauvaise partition à apprendre à la veille d’un grand festival de jazz. Joué à la perfection par J.K. Simmons, le professeur ressemble à s’y méprendre au sergent instructeur à moitié fou de Full Metal Jacket, par exemple. Une anecdote parcourt tout le film selon laquelle un soir le batteur Jo Jones lança une cymbale à la tête du jeune débutant Charlie Parker, manquant de le décapiter. Humilié, Parker se mit à travailler si durement qu’il inventa le jazz moderne. Le message de Chazelle est clair : la peur et la violence sont des moteurs au même titre que le talent et l’inspiration. 

Dans cet univers quasiment totalitaire, le plaisir n’est pas vraiment la priorité. Chazelle sait de quoi, il parle : la virtuosité de son montage notamment prouve, si besoin était, ses propres qualités artistiques de cinéaste. Est-ce à dire qu’il a autant souffert à faire son film que son jeune héros à, parvenir au sommet de sa maîtrise musicale ? Le spectateur peut s’interroger, tout en continuant à rester coi devant les prouesses de ces solos de batterie époustouflants. C’est le propre des films sur l’art que de nous renvoyer aussi au film lui-même et à sa fabrication. Impossible de quitter Whiplash autrement qu’en musique rutilante et explosive.

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