Laurent Delmas vous propose un retour en sons, musiques, chansons et textes sur 40 films labellisés "Film Inter" en leur temps. 40 occasions de voir ou de revoir ensuite et durant tout l'été chacun de ces films sur le site de notre partenaire, la plateforme VOD, UniversCiné

Takeshi Kitano et Yusuke Sekiguchi
Takeshi Kitano et Yusuke Sekiguchi © Senator Filmverleih

L’Eté de Kikujiro de Takeshi Kitano

Takeshi Kitano nous avait habitué jusque là à un registre plus violent plein du bruit et de la fureur des maffieux nippons. Le petit garçon triste et joufflu que vous découvrirez dans la bande annonce ci dessous s’appelle Masao et un vieux voyou raté et solitaire en préretraite est contraint de l’emmener à la recherche de la sa mère à l’autre bout du pays.

J’ignore comment on dit "road movie " en japonais mais c’est un bien un road movie et, comme dans tout film de ce genre qui se respecte, le chemin a plus d’importance que le but. Et d’ailleurs, on serait bien en peine de dire pourquoi ce brigand de Kikujiro, qu’incarne Kitano lui-même, s’occupe ainsi d’un petit orphelin qui se balade avec sur le dos un cartable muni de deux petites ailes d’ange. C’est assurément l’alliance sinon de la carpe et du lapin, du moins de l’innocent et du truand ! 

Kikujiro
Kikujiro / La Rabbia

Refrain cinématographique bien connu qui peut donner le meilleur comme avec Gloria de John Cassavetes ou le plus convenu comme Leon de Luc Besson. On peut compter sur l’iconoclaste Kitano pour ne pas verser dans la mièvrerie, en dépit de la volonté affichée de nous livrer un conte naïf. Parfait abruti et agressif éructant, Kikujiro dépense ainsi tout l’argent du voyage aux courses de vélo, laissant à l’innocence supposée du pauvre Masao le choix du pari toujours perdant évidemment.

Tout le film est traversé par cette notion de jeu : l’adulte et l’enfant, comme un seul homme pourrait-on dire, ne cessent de s’amuser, et nous avec, en jouant aux Indiens dans un champ de maïs, en se déguisant en pastèque , en jouant à se faire peur au contact de vrais délinquants et même à faire semblant de savoir nager au risque de couler… Au bout du compte et du conte de vraie-fausse fée, l’exercice aura été profitable comme on dit dans Les contrebandiers de Moonfleet. Entre burlesque drolatique et mélancolie assumée, Kitano nous invite à rejoindre son petit monde. 

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