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Parle avec elle
Parle avec elle © Pathé Distribution

Tout commence donc par du Purcell avec un lamento chorégraphié par Pina Bausch dans un fabuleux spectacle intitulé Café Muller et dont nous suivons  un extrait avec certains protagonistes du film dans la salle. D’entrée de jeu, Almodóvar nous le dit : 

Ici, il sera question de corps  qui regardent d’autres corps en mouvement ou non. 

Il sera question de regards, celui du spectateur, le notre donc aussi, comme celui du voyeur amoureux ou de l’amant bienveillant ou de la mère inquiète. Dans une clinique privée de Madrid, un infirmier veille depuis quatre ans sur la jeune Alicia plongée dans le coma et dont nul ne sait si et quand elle en sortira…

Un autre jeune homme arrive et fait de même avec sa  compagne Lydia plongée dans un coma identique après une corrida qui a viré au désastre. Deux hommes aimant, deux femmes qui dorment, deux couples dont Almodóvar raconte l’histoire avec une maestria incroyable faisant se croiser flash back, ellipses et réminiscences. Et même, même un film dans le film muet et noir et blanc que l’infirmier raconte à sa patiente endormie.

On se gardera bien de raconter ici le suspense qui se niche dans le cœur battant du film. C’est la fleur de mon secret alliée à la loi du désir, les deux axes majeurs du cinéma si singulier d’Almodóvar. Il ne négocie pas avec le mélo, il s’en empare et n’en retient que l’essentiel : la mise en avant d’émotions brutes confrontées à des situations extrêmes. Comme les danseurs de Pina Bausch, les personnages d’Almodóvar disent et la beauté profonde et la difficulté infinie d’aller à la rencontre de l’autre. 

Si Parle avec elle est à mes yeux son film le plus réussi et le plus fou à la fois, c’est que le cinéaste espagnol ne cache rien de ses démons intérieurs tout en les laissant suffisamment en lisière pour que nous puissions les partager. Ça doit être cela qu’on appelle l’universel ! Comme toujours chez Almodóvar, la BO est un bijou où se mêlent compositions originales et reprises à point nommé. C’est bien le cas de cette chanson avec laquelle nous nous quitterons et dont l’interprétation par son auteur Caetano Veloso constitue une scène même du film. C’est la nuit, dans une belle villa madrilène avec piscine et c’est Cucurrucucu Paloma qui s’élève.  

  • Parle avec elle de Pedro Almodovar, un film de 2002 que vous pouvez voir et revoir sur le site de VOD UniversCiné
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