Direction les Etats-Unis pour un film français avec les retrouvailles de deux monstres sacrés : Isabelle Huppert et Gérard Depardieu

Gérard Depardieu et Isabelle Huppert
Gérard Depardieu et Isabelle Huppert © Le Pacte

Pas un mot ou presque avant le premier dialogue qui vient au bout de 5 minutes. Jusque-là nous avons assisté à l’arrivée et l’installation dans un motel d’une touriste qu’incarne Isabelle Huppert. Il fait une chaleur écrasante, les portables passent très mal et une vieille Américaine noue la conversation.

Ainsi démarre le film Valley of love écrit et réalisé par Guillaume Nicloux en 2015. Isabelle, c’est également le nom du personnage sera bientôt rejointe par Gérard, alias Gérard Depardieu. Tous deux sont deux acteurs très célèbres et jadis, ces deux-là se sont aimés et ont eu un fils ensemble, Michael, qui s’est suicidé il y a six mois et qui dans une lettre testament leur a fixé rendez-vous dans la Vallée de la Mort, aux Etats-Unis. Il leur a fait la promesse de leur apparaître depuis l’au-delà. Drôle d’endroit pour une résurrection. Drôle d’histoire également pour reformer l’un des duos mythiques du cinéma français depuis Loulou de Maurice Pialat. Drôle de lieu enfin que cette vallée californienne où un Depardieu quasiment monumental vacille sous l’effet d’une chaleur absolument insupportable.

Manifestement, Guillaume Nicloux aime les paris et les situations extrêmes. Il ne refuse rien et surtout pas la dimension documentaire d’un film dont le sujet est aussi la star Huppert et la star Depardieu. Ainsi naît un naturalisme qui n’aurait pas déplu à Pialat justement : les dialogues entre celle qui croit au ciel et celui qui n’y croit pas, sonnent absolument justes. Comme si, au fond, bien des années plus tard, nous retrouvions sur grand écran le couple de Loulou ou celui, différent mais réconcilié, de Nous ne vieillirons pas ensemble

Le film de Nicloux repose ainsi sur les épaules fragiles d’Isabelle Huppert et quasi éléphantesques de Depardieu. Mais sans rien révéler ici, on verra que les certitudes peuvent vaciller et que le chêne peut devenir roseau et inversement. Écrasés de chaleur, évoluant dans des paysages naturels titanesques, Isabelle et Gérard  revisitent leur passé, explorent un présent dont ils ne sont pas maîtres. Ni le soleil, ni la mort ne se peuvent regarder en face a écrit La Rochefoucauld, Nicloux plonge ces deux protagonistes dans cette situation impossible. Loin de les tenir à distance, il les accompagne avec empathie dans ce terrible désert. Rarement et Huppert et Depardieu auront atteint ce point d’intensité dramatique et dramaturgique. 

Dans la BO du film, on entend notamment « Little Mary »  de l’auteur, compositeur et chanteur français Octave Lissner. 

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