Suite de la semaine spéciale dédiée à l'album des Beatles 'Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band'. Épisode 4. Où l'on comprend ce que ce disque nous apprend sur son époque.

The Beatles, 1967
The Beatles, 1967 © Getty / Michael Ochs Archives

Avec l’objet-disque Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band, c’est la première fois dans l’histoire de l’industrie musicale que les paroles des chansons sont imprimées au dos de la pochette. Rien que ça, ça voulait dire que la pop n’était pas que légèreté et histoires de bluettes, mais qu’elle avait des ambitions littéraires. D'ailleurs, les paroles de cet album ont souvent et beaucoup été étudiées en cours d'anglais, dans les collèges et les lycées français.

Pour Rebecca Manzoni, c’était avec "She’s Leaving Home" (du verbe to leave, left, left), l’histoire d’une fille qui plaque l’ennui du foyer parental pour aller retrouver son fiancé vendeur de motos. McCartney interprète les couplets et, dans les refrains, Lennon fait la voix des parents désarmés :

Mais qu’est-ce qu’on a fait de mal ? On lui a tout donné. L’amusement, c’est la seule chose qu’on ne peut pas acheter avec de l’argent.

En 1967, les Beatles incarnent les aspirations de la jeunesse d’après-guerre. L’envie de s’éclater, de faire l’amour et pas la guerre. De changer le monde. Certaines chansons de l’album encapsulent l’époque avec des paroles qui s’inspirent des faits-divers lus dans les journaux, ou des réclames qui passent à la télé. Un soir, Lennon tombe sur une publicité pour les Corn Flakes où l'on entend un tonitruant "Good Morning" pour célébrer la gaieté des petits matins. Ce slogan lui inspirera la chanson "Good Morning Good Morning", une bande-son de fanfare sautillante et la voix de Lennon, un peu lasse, pour parler du poids d’un quotidien petit bourgeois et routinier :

Aller bosser, rentrer à la maison pour retrouver sa petite femme, vivre dans une ville morte.

Comme l’a déclaré le journaliste anglais John Harris dans le magazine Prospect :

Dans Sgt. Pepper's..., on entend à la fois la fin de l’Angleterre en chapeau melon, celles des fanfares en uniforme, et la naissance de la modernité.

Le disque paraît le 1er juin 1967 et devient la bande-son de la contre-culture hippie, du Summer of Love qui se passe à San Francisco.

Dans sa chanson "Within You Withou you", George Harrison chante que l’amour est une solution. Il fait entrer sa passion pour la musique indienne et pour le sitariste Ravi Shankar dans Sgt. Pepper's.... Harrison participe à l’invention de ce que l’on appellera plus tard la « musique du monde », ou world music. Faire entrer des sonorités orientales dans un album pop.

Cette même année, 1967, on proteste contre la Guerre du Vietnam, on apprend la mort de Che Guevera, on vit la menace d’une guerre nucléaire.

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