Pour son 15ème anniversaire, le label de musique électronique Ed Banger a sorti une compilation de morceaux emblématiques de son catalogue, réinterprétés en version symphonique par l'orchestre Lamoureux. Ce mercredi 3 avril, sur France Inter, l’Orchestre Philharmonique de Radio France s'y collera en direct.

« Travail, famille »... et pas patrie, mais plutôt « party » ! « Travail, famille, fiesta » pourrait être la devise de la maison Ed Banger, un label fondé en 2003, à un moment où l’industrie du disque n’était pas spécialement à la fête. Pourtant, depuis 15 ans, Ed Banger participe au rayonnement de la musique électronique française dans le monde entier, avec des morceaux comme "Baby I’m Yours" de Breakbot.

Cette musique de club, conçue avec des machines qui tiendraient dans une buanderie, semble projetée en cinémascope quand elle est réinterprétée par les 70 musiciens de l’Orchestre Lamoureux.

L’association entre symphonique et électro n’est pas inédite, mais, dans le cas d’Ed Banger, c’est le couronnement d’une logique. Depuis le début, la philosophie de la maison consiste précisément à produire des artistes qui mélangent pop, rock, disco, heavy metal, électro et musique classique.

Le morceau "Aulos" de Vladimir Cauchemar, par exemple, a été composé à partir d'un échantillon (sample) pioché dans la Fantaisie en si mineur pour flûte à bec, composée par Georg Philipp Telemann au début du XVIIIème siècle. La transe, avec une boucle, ce motif musical répétitif, c’est l’un des points communs entre musique baroque et électro.

Et, pour boucler la boucle, voici, sur l'album anniversaire et symphonique Ed Banger 15 ans, la troisième étape : cette version électro de Vladimir retourne à sa source classique avec l’Orchestre Lamoureux.

Pour les versions symphoniques, sur ce disque, le choix a, le plus souvent, été de réduire autant que possible la partie rythmique des morceaux. Or le beat, c’est le socle pour l’électro. Pedro Winter, patron du label Ed Banger, résume la situation en disant : 

Enlever la partie rythmique de ces titres, c’est comme prendre un corps humain, ôter sa colonne vertébrale et lui booster le cœur.

Dans ces adaptations, la place que tiennent cordes, vents et cuivres dénude les fils de l’électro. Parce que ces orchestrations mettent en valeur les inspirations des morceaux originaux qui puisent dans la disco ou la soul.  C’est Thomas Roussel qui s’est collé à ce travail fantastique de réarrangement symphonique. Pour l’accomplir, il raconte avoir étudié les bandes-originales que John Williams a composées pour Star Wars et Indiana Jones.

  • Légende du visuel principal: L'Orchestre Lamoureux, dirigé par Thomas Roussel, réinterprète en version symphonique, pour une compilation, le catalogue Ed Banger. © Aucun(e)
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