Pas de 'Tubes & Co' dans cette matinale spécialement dédiée à Haïti, mais un 'Pop & Co' qui célèbre la musique haïtienne, musique qui se mêle souvent de politique, et vice-versa.

En l'absence de Patrick Cohen, qui assure le 7/9 depuis Port-au-Prince, en Haïti, Rebecca Manzoni propose d’écouter la matinale d’une autre station. Celle de Radio Caraïbes. Autour de 6 h 20, c'est l’heure de Premye Okazyon… « Premye Okazyon, le journal qui vous dit comment se réveille le monde. »

Et Port-au-Prince se réveille avec l’un des groupes phares d’Haïti, créé à la fin des années 1970 et toujours en activité aujourd’hui. Il s’appelle Boukman Eksperyans. "Boukman", pour saluer la mémoire d’un meneur de l’insurrection des esclaves à la fin du XVIII° siècle. L’occasion de rappeler ici qu’Haïti est la première République Noire de l’Histoire. Quant au mot "Eksperyans", c’est un hommage au Jimi Hendrix Experience. Avec son nom, Boukman Eksperyans, le groupe fait se croiser la grande Histoire et le rock & roll. Sur Radio Caraïbes, on peut entendre l’un de leurs plus grands succès, un titre qui date de 1990. A l’époque, le président s’appelle Prosper Avril. Un général qui lance une campagne de répression contre l’opposition. Et Bookman Eksperyans y répond avec cette chanson dont on peut traduire le titre par « Même pas peur ».

Parce qu’Haïti est un pays où la musique joue le premier rôle en politique. Au point que des stars de la chanson ont transformé leur popularité en votes. C’est le cas de Manno Charlemagne. Avant de devenir maire de Port-au-Prince en 1995, Manno Charlemagne a résisté à la dictature en chansons dans les années 1980. Il chantait :

Si Haïti n’est pas une jungle, alors pourquoi y trouve-t-on toutes ces bêtes ? Tu crois me faire peur. Tu sors ta matraque, mais moi, je reste cool.

►►► Un roman graphique autour de la vie et l'œuvre de Manno Charlemagne, Quand viennent les bêtes sauvages de Nicole Augereau, vient de paraître aux éditions flbflb.

►►► Un grand merci à Milena Sandler et à l'association Ayiti Mizik pour leur participation à cette chronique.

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