Le label Jakarta Records vient de publier pour la première fois en vinyle et en CD sa compilation 'Habibi Funk'. Un florilège de pépites venues du Proche-Orient et d'Afrique du Nord, très justement sous-titrée "An eclectic selection of music from the Arab world".

Parmi les artistes qui figurent sur cette compilation Habibi Funk, il y a Fadoul, évoqué dans Pop & Co au tout début de l'année 2015. Commencer chaque année avec Fadoul, voilà qui pourrait faire une résolution ! Fadoul est le "James Brown du Maroc", à la fois funk pour son énergie et punk pour le son brut des enregistrements. Dans le morceau "Bsslama Habiti", choisi sur ce disque, Fadoul a l’air d’angliciser le mot arabe « habibi », qui devient « ha - baby ».

Habibi Funk est une compilation qui offre un panorama du travail précieux mené par un DJ berlinois qui s’appelle Jannis Stürz. Jannis Stürz réédite des disques oubliés venus du Maroc, d’Algérie, d’Égypte, du Liban ou du Soudan. Ces rééditions rencontrent un bel écho dans ces pays parce qu’elle renseigne les jeunes d’aujourd’hui sur la musique qu’écoutait leurs parents entre les années 1960 et 1980.

Le titre de Habibi Funk est trompeur, parce que l’on trouve aussi du jazz, de la musique disco, du zouk arabe ou des extraits de l’œuvre du grand compositeur algérien de musique de films Ahmed Malek. Si cette compilation fait partager des musiques du passé, elle souligne aussi leur côté pionnier. Dans ses compositions, en effet, Ahmed Malek mélange toutes ses influences. Chez lui, on peut imaginer que des mélodies d’Afrique du Nord rencontrent des sonorités de musique celte. Ahmed Malek fut l’un des membres de l’orchestre symphonique de la radio6télé algérienne. Il a écrit la partition de séries comme Les Vacances de l’inspecteur Tahar.

À travers cette sélection, Habibi Funk rend hommage à des musiques autant qu’à des destins. Comme celui de Freh Khodja, une pop star algéroise des années 1970. Au cours de ses voyages, Freh Khodja découvre une musique du Cap Vert qu’on appelle "Ya Coladera". Sur celle-ci, il décide de chanter en arabe.

Cette compilation raconte aussi l’humilité de son concepteur. Jannis Stürz ne prétend pas faire œuvre d’historien. Tous les morceaux relèvent simplement d’un choix personnel, le sien. C’est ainsi que l’on peut écouter une reprise de "Mirza" par Jalil Bennis et les Golden Hands,un groupe de Casablanca.

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La compilation Habibi Funk, An eclectic selection of music from the Arab world © Jakarta Records
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